7/10Pierre Tombal - Tome 23 - Regrets éternels

/ Critique - écrit par Lestat, le 08/10/2006
Notre verdict : 7/10 - Repose en paix (Ecrivez votre critique)

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Les gags inégaux et le début de l'album en dents de scie s'oublient devant la performance d'un d'humour particulièrement difficile à manier, pratiqué sans grandes fulgurances, mais sans grandes faiblesses non plus depuis l'exploitation du personnage.

Messires Cauvin et Hardy ont encore frappé. Pierre Tombal, le fossoyeur préféré de la Mort, est de retour dans son habituelle série de gags grinçants comme des rotules. Ce qu'il y a de bien avec Pierre Tombal, c'est qu'on est rarement dépaysé : il y aura quelques jolies filles qui s'effraient, des squelettes, des parties de belote au bistrot et un petit reflet de l'air du temps. Une formule bien rodée qui a permis à la série d'atteindre tranquillement son 23ème album. Cet avantage est aussi son revers et la plus grosse surprise de l'album n'est autre que son étrange couverture trouée, laissant entrevoir une sépulture. Et les auteurs d'offrir à son lectorat ce bonus caustique, permettant de coller la photo de son choix sur la stèle.


Du reste, nous retrouvons les sempiternels ingrédients de la série cités plus haut, et son lot d'histoires aux tonalités variantes. Gags légers, trop légers, pour les premières planches, où la Mort est à l'honneur. Pointe de cynisme, alors qu'un kamikaze fou de Dieu s'incruste dans une case pour tout faire sauter. Tendresse au goût doux-amer pour ce centenaire oublié de tous, même de la Faucheuse. Humour potache à base de contrôle fiscal, de surpopulation de macchabées, d'assurance douteuse ou d'accident de corbillard. Clope au bec, penché sur sa pelle ou accoudé au bar, Pierre Tombal et son petit univers n'ont décidément pas changé d'un poil. La redondance entre albums commence d'ailleurs à se faire sentir : Regrets Eternels peine à démarrer, mal entraîné par ses premiers gags gentiment moyens. Pourtant, avec le poids des années, le regard des auteurs semble changer. La Mort prête à rire, c'est un fait, mais ce rire ne semble plus une manière d'exorciser l'issue fatale. Regrets Eternels, par quelques planches et finalement par son titre -rompant avec la tradition des jeux de mots mortuaires-, fait état d'une prise de conscience. Un sentiment que l'on retrouve dans le traitement de la vieillesse. Ou lorsque les auteurs sous-entendent que passer l'arme à gauche n'a pas que des inconvénients. Un peu de noir dans le noir appréciable, sans pour autant transformer Cauvin et Hardy en clowns tristes.


En plein rythme de croisière, la série Pierre Tombal commence à tranquillement tourner en rond. Ni mauvais ni génial, Regrets Eternels reste un album sage et sympathique, où les risques de dérapages sont contournés avec soin. Peu de prises de risque donc, si ce n'est celle de donner dans l'humour noir, avec une formule bien rodée certes, mais avec un talent toujours égal. Les gags inégaux et le début de l'album en dents de scie s'oublient devant la performance d'un d'humour particulièrement difficile à manier, pratiqué sans grandes fulgurances, mais sans grandes faiblesses non plus depuis l'exploitation du personnage.

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