Lundi matin, l'Empereur, sa femme, et le P'tit Prince...
Joann Sfar ne va pas nous réinventer ce petit, ni d'homme, ni d'E.T, il va suivre les lignes de Saint-Exupéry, et nous faire partager sa vision, sans prétention, mais avec envie. C'est parce que Sfar semble avoir un attachement particulier à ce conte que je me permets d'ailleurs de citer l'auteur original dans sa préface pour commencer :
« Je demande pardon aux enfants d'avoir dédié ce livre à une grande personne. J'ai une excuse sérieuse : cette grande personne est le meilleur ami que j'ai au monde. J'ai une autre excuse : cette grande personne peut tout comprendre, même les livres pour enfants. J'ai une troisième excuse : cette grande personne habite la France où elle a faim et froid. Elle a bien besoin d'être consolée. Si toutes ces excuses ne suffisent pas, je veux bien dédier ce livre à l'enfant qu'a été autrefois cette grande personne. Toutes les grandes personnes ont d'abord été des enfants. (Mais peu d'entre elles s'en souviennent.) Je corrige donc ma dédicace :
À Léon Werth, quand il était petit garçon »

Un conte écrit par une grande personne, dédié à une grande personne, remis en dessin par une autre grande personne ? Oui et non. Si on suit les dires de Saint-Exupéry, il ne s'agit que d'anciens enfants. Tout comme nous, lecteurs, si l'on veut se prendre au jeu, il faut laisser nos aprioris, nos jugements à trois francs six sous, et rouvrir de grands yeux. Ce qui parait facile pour certains, et bien plus difficile pour d'autres.
« Quoi ? Qu'entends-je ? Ils ont osé mettre le Petit Prince en bande dessinée ? Une œuvre littéraire ne devenant qu'un ramassis d'images ? » Oui, il existe bel et bien des gens qui pensent ceci, sans doute certains d'entre eux me liront, et je ne peux qu'être désolée pour eux. S'ils rougissent de honte, ce n'est pas trop tard, mais s'ils crient à la connerie, je m'excuse, oui, vraiment, car je trouve ça triste d'avoir le cœur vieux et fermé. L'auteur avait choisi d'accompagner son texte de quelques aquarelles épurées, ici Joann Sfar transporte ce texte dans des petites bulles, rendant la prose et les illustrations indissociables.
... sont venus chez moi, pour me serrer la pince...
L'univers de Sfar, et ses multiples lignes hachurées amènent ici, tout comme beaucoup de ses œuvres (Le chat du Rabbin, Le minuscule mousquetaire) une force personnelle à son dessin jusque dans le choix de ses couleurs, on ne peut qu'évoluer en même temps que lui dans des pages où la tristesse et le bonheur se rejoignent.
Un Petit Prince mélancolique, mais coloré tout de même, qui sort du paysage, comme s'il sortait de la page, avec ses grand yeux bleus, ses habits verts, ses cheveux d'or et son cache col qui lui cache le bout du nez, certes, mais pas assez pour qu'on l'aperçoive encore rougir. Il fait face à un humain mal rasé, l'habit triste, la cravate et le pantalon marron, aviateur, perdu, avalé par sa vie d'adulte, qui ne pense tout d'abord qu'à repartir chez lui, gagné par l'obsession de réparer son avion.
Le paysage se fait lunaire, on sait qu'on est sur terre, en Afrique, et pourtant on se voit ailleurs, bien loin de notre bonne vieille terre aigrie, la luminosité variant de l'orange au bleu, au violet, au gris... au noir. Le soleil se lève, le soleil se couche, les jours passent... Combien ? Pourquoi ? Le voyage semble durer des années, tout comme une heure. On est perdu. Loin de nous aider à poser les pieds sur terre, Joann Sfar nous perd d'autant plus dans les étoiles.
... mais comme j'étais parti, le petit prince a dit...

On s'attache étrangement encore plus au personnage et à son aspect enfantin en le suivant dans son voyage, image par image, curiosité par curiosité, sans rater les moments tristes, où les bulles deviennent plus banales, plus sombres, habillant tout juste le texte et les instants joyeux, où il sautille, court, rit. Les personnages nous apparaissent à la fois plus vivants, plus humains, avec de vrais traits de caractères dévoilant colère, tristesse, inquiétude, et fatigue, tout en nous démontrant justement à quel point ils sont originaux et étranges. Le dessinateur nous met en mouvement, nous donnant l'impression que l'on pourrait presque attraper le soleil par le coin de la vignette et le coucher.
La bande dessinée est remplie de clins d'œil à Saint-Ex, dévoilant des scènes identiques aux aquarelles de celui-ci, par exemple pour commencer ou pour terminer l'œuvre (le vilain boa, le paysage vide...) et un peu partout dans les planches (le Petit Prince sur le mur en ruine, ou s'écroulant sur le sable...).
Beaucoup ont tenté de rentrer dans l'univers du Petit Prince, et beaucoup se sont perdus en route, sans jamais réussir à trouver sa météorite. Avec cette bande dessinée, enfin on l'aperçoit au loin, et il nous prend par la main, pour nous aider à quitter notre carapace encombrante de grande personne. Une bande dessinée à lire, à offrir, que ce soit pour les grands, pour les petits, qui peut compléter le texte de Saint-Exupéry, tout comme permettre à un public qui n'arrivait pas à se glisser dans celui-ci de le connaître, de l'apprécier. N'hésitez pas à lire le texte original, avec ses petites aquarelles, si vous ne l'avez encore jamais fait.
... puisque c'est ainsi nous reviendrons mardi.
Luz []

Kaboul Kitchen S1 - Le patron... C'est Jacky !
Catch - WWE - Over the Limit - 2012
Kuroko's Basket T.3
Koh-Lanta 2012 : les stratégies pour gagner
Sherman - Tome 6 - Le pardon. Jeannie
Clip du jour : L'enfant sauvage de Gojira
The Secret World : Alan Wake dans Left 4 Dead ?
Mafiosa, le clan saisons 1, 2 et 3
The Dark Knight Rises : les affiches des personnages
Waltz T.2
La critique de Margin Call
La critique de Moonrise Kingdom
Abraham Lincoln : chasseur de vampire ! Vraiment ?
Underworld 4 : arrêtez, par pitié !
La critique de Dark Shadows, le nouveau Tim Burton
Dossier Spécial : Ces acteurs qui jouent ou qui surjouent
The Amazing Spider-Man : la nouvelle bande-annonce !
Expendables 2 : la bande-annonce est là !
Expendables 2 : le trailer est imminent !
Séverin - Séverin
Clip du jour : Move in the right direction de Gossip
Liars - WIXIW
Clip du jour : Jersey des Naive New Beaters
Black Bomb A - Enemies of the state
Les Bee Gees en deuil
Sorties d'album : Semaine du 21 mai 2012
Jazzanova - Funkhaus Studio Sessions
La kitscherie du vendredi #3 : Maximum overdrive
Africa - A rede invisivel : un documentaire sur les héroïnes invisibles d'Afrique
La première vidéo d'Elementary, Sherlock version US
Récapitulatif du 14/05 au 20/05 - La semaine Krinein
Catch - Impact Wrestling - Sacrifice - 2012
Koh-Lanta 2012 : la revanche des héros : qui a été éliminé ?
La critique de la série The Walking Dead, Saison 2
7 Dragons
Brit - Tome 2 - Déserteur
Festival d'Aubenas 2012
La Nouvelle Bande des Pieds Nickelés - Tome 3 - Expulsés volontaires
SHELLEY, de Casanave et Vandermeulen - Dédicace à PARIS
Les Légendaires Origines - Danaël
Tranche-Trognes
Poker - Tome 3 - Viva Las Vegas
Buck Danny - intégrale 5
Re:BIRTH The Lunatic Taker T.3
Puella Magi Madoka Magica T.1
Reborn T.30
Shin Chan (S2) T.20
Enigma T.2
Broken Blade T.10
Bleach T.48
Tetsuya Tsutsui sera en France lors de Japan Expo (et même plus) !
Tom Clancy's Ghost Recon : Future Soldier - Test Xbox 360
The Walking Dead - Episode 1 : A new Day - Test XBLA
Diablo III - Test PC
Best of Collector #26 : Borderlands 2
Mise à jour de Mario Kart 7 : la fin des glitchs-raccourcis Pic Wuhu et cie !
Minecraft Xbox 360 Edition - Test XBLA
Diablo III - Blizzard est dépassé
J'irai glander chez vous avec ... GTA San Andreas !
Diablo III est disponible !
Sur la route, le livre
Chansons du monde : du Brésil au Viêtnam
Les Maximonstres en deuil : Maurice Sendak nous a quittés.
Le mille-pattes
Tonio
The Casual Vacancy, le nouveau JK Rowling après Harry Potter
7 ans après (mais un an plus tard) : le nouveau Guillaume Musso
Au revoir cauchemar
Lunaparc en pyjamarama
Le salon du livre 2012
Femmes nues dans Paris ?
Exposition Beauté Animale au Grand Palais
Exposition Tim Burton à la Cinémathèque
Didier pousse la Porte du Dejazet à Paris, et fait rire les masses !
Frantz Treichler joue dada - Zone Libre joue Nosferatu
Visiter le château de Cheverny : quand Tintin rencontre le 17e siècle
Le Puy du Fou reçoit le Thea Classic Awards
Berenice Abbott au Jeu de Paume
Les visiteurs du soir
Expo Gerhard Richter à la Tate Modern
Le trône de fer JCE
La critique du Signe des Anciens
Takenoko
Rök
Dungeon Lords
Une première extension pour les Demeures de l'Epouvante : vous reprendrez bien un peu d'Horreur...?
Trajan est de sortie chez Gigamic
Deux extensions Print On Demand Pour Space Hulk Death Angel
Uluru, comme un goût d'Australie
Ice 3 en magasin le 13 Avril






