8/10Mon pépé est un fantôme : La vie fantastique de Napoléon Tran - Saison 1

/ Critique - écrit par riffhifi, le 17/09/2008
Notre verdict : 8/10 - Mon pépé à moi est un fantôme, il fait partie du ministère à mômes (Ecrivez votre critique)

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Une nouvelle série de Spirou Hebdo centrée sur un gamin ? On pouvait craindre un ersatz supplémentaire de Cédric, mais il n'en est rien : Barral et TaDuc créent la surprise en proposant autant d'intelligence que d'humanité.

La couverture recèle plusieurs pièges et petites surprises. Au rayon des étonnements, on note qu'il ne s'agit pas d'un tome ou d'un volume mais d'une « saison » (on ne saisit pas bien la différence, mais qu'importe), et l'image d'un grand-père fantomatique y apparaît dans un de ces cadres où l'image change selon l'angle sous lequel vous la regardez (gadget, certes, mais c'est toujours rigolo). Du côté des pièges, on subit la présence d'un sticker qui prend la forme d'un galure de Spirou et annonce (bonne nouvelle) un prix découverte de 6 euros, qui laisse craindre la médiocrité d'une nouvelle série pour mioches peu exigeants (quelle erreur) ; et on lit les noms de TaDuc et Barral, respectivement dessinateurs de Chinaman et Baker Street, dont il faut deviner lequel est scénariste et lequel est Napo écolo
Napo écolo
dessinateurs de cette Vie fantastique de Napoléon Tran : facile à première vue, le trait ressemble à du Barral et l'histoire est celle d'un garçon d'origine vietnamienne comme TaDuc. Et pourtant, à en croire la page de garde et le dossier de presse, c'est Nicolas Barral qui signe le scénario et Olivier TaDuc les dessins. Nul doute que chacun des deux a influencé l'autre sensiblement, et la bd qui en découle possède un goût à la fois familier et unique qui lui promet un bel avenir...

Napoléon Tran est moitié Corse moitié Vietnamien, ce qui explique son prénom et son nom. Ses parents sont fraîchement séparés, et à l'école, il traîne avec le gang des parias : le petit Noir, le petit Portugais qui lit des mangas, et le fils de croque-mort à la conversation morbide. Ce n'est pourtant pas chez le papa de ce dernier que l'enterrement de pépé Tran est organisé. Et l'événement n'est pas sans conséquence puisque Napoléon est désormais sujet à une vision récurrente : son grand-père est un fantôme qui lui prodigue des conseils, partage son expérience et veut l'aider à réconcilier ses parents...

La question de savoir si le papy fantôme est une hallucination ou une réalité n'a finalement que peu d'importance (il existe des indices soutenant chacune des deux théories) : l'essentiel est que le jeune héros soit convaincu de la présence de son grand-père, et que celui-ci constitue un Jiminy Cricket très humain pour mettre sur Pépé au Cap d'Agde
Pépé au Cap d'Agde
la bonne voie le petit vermisseau. Divers sujets épineux sont abordés avec finesse mais sans tabou : le divorce, l'adultère, l'enterrement vs. l'incinération... La mièvrerie n'a pas cours dans les pages de Barral et TaDuc, et lorsqu'une larme monte à l'œil, c'est que l'émotion est passée au-delà des mailles de l'humour. Sur neuf histoires, une seule se révèle vraiment faible (La corvée, qui ne fait que deux pages et semble conçue comme un simple bouche-trou pour un numéro de Spirou), et les autres font preuve d'une sensibilité et d'une drôlerie qui donnent envie de lire la suite. D'autant que la dernière laisse le lecteur sur sa faim...

Le dessin, comme on l'a dit, fait plus penser à Barral qu'aux autres œuvres de TaDuc, dont c'est ici la première incursion dans la bande dessinée humoristique. Les amateurs de Baker Street ou Philip et Francis apprécieront, tout en constatant que Barral ferait mieux de bosser comme scénariste plus souvent plutôt que d'offrir son dessin à des auteurs feignants comme le Benacquista de Dieu n'a pas réponse à tout...

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