8/10Péma Ling - Tome 5 - Katouk le Tulpa

/ Critique - écrit par riffhifi, le 24/08/2009
Notre verdict : 8/10 - Tulpa rond (Ecrivez votre critique)

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Georges Bess continue avec brio la saga épique de la petite Tibétaine au sang chaud. Elégant, poétique et plein de fougue, le récit de la "lionne des neiges" a tout pour plaire.

A la fin du tome 4, on laissait la jeune Péma à l'aube de sa maturité, enfin prête à
assumer son statut de légende des steppes. Si ce nouvel épisode la confronte à nouveau au brigand Drukpa, que l'on pourrait supposer destiné à devenir l'objet d'un gag récurrent, elle y rencontre surtout Katouk le Kulpa, un être apparemment surnaturel créé par Asa Tséring Drolma la yoguie (prenez des notes). Son existence semble comparable à celle du Golem des légendes juives : conçu à partir du néant, il est investi d'une mission qui constitue son unique raison d'exister. En l'occurrence, il doit retrouver Péma Ling, pour une raison qui reste mystérieuse.

Avec la même fougue que les précédents, ce cinquième tome offre une nouvelle étape dans un fabuleux voyage en terre mongole. Alternant la poésie des paysages enneigés et l'aridité des terres jaunies par le soleil, Georges Bess chouchoute sa série. On note avec amusement que Katouk, malgré son statut d'être artificiel, est le personnage dont les portraits sont les plus réalistes (planches 1, 2, 29). Cet état de fait résulte sans doute de l'usage de gros plans pour le représenter, là où les autres personnages apparaissent plus souvent de loin, au sein de magnifiques plans larges. Ce qui n'empêche pas les protagonistes d'être tous attachants, en particulier l'héroïne au fort caractère dont la réputation lui
permet désormais d'apparaître comme une équivalente orientale d'un Robin des Bois.

Quand on a illustré pour Jodorowsky des œuvres comme Le lama blanc, Anibal Cinq et Juan Solo, on n'a plus grand-chose à prouver en tant que dessinateur. Avec Péma Ling, George Bess se surpasse graphiquement (Katouk le Kulpa est particulièrement agréable à parcourir, avec ses vues panoramiques, ses actions violentes et colorées, ses décors aux teintes douces constellés de flocons de neige), et affine tome par tome sa maîtrise narrative, améliorant notamment les textes qui dénotaient parfois une certaine maladresse. S'il y avait un reproche à adresser à ce nouveau tome, ce serait sans doute sa fin excessivement abrupte, qui fait pester contre le délai d'attente prévu pour connaître la suite : sans doute plus d'un an. Espérons que le prochain tome permettra d'apprécier plus en profondeur les relations de la chef Péma avec la bande de coupe-jarrets sous ses ordres, il y a certainement de la matière à explorer... Et souhaitons que la saga se prolonge jusqu'aux vieux jours de son personnage-titre !

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