Paquet : Les Fantômes du passé - Hélène Boucher - L’Oiseau Blanc

/ Critique - écrit par Valentin Pick, le 09/08/2018

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Les Fantômes du passé -T.1- Le condamné du Titanic - note : 8,5/10

L’histoire
Les Fantômes du passé

 

Avez-vous entendu parler de ces crimes sordides ayant eu lieu en 1888 dans le district londonien de Whitechapel ? Les événements bien réels qui ont secoué le pays durant trois années sont une source d’inspiration qui, aujourd’hui encore, fait couler beaucoup d’encre. Le sujet a notamment été mis en scène avec talent dans la pièce de théâtre Le cercle de Whitechapel.
Dans ce premier volume les lieux et les personnages sont mis en place. Dès les première pages le visage du meurtrier terrorisant Londres – un certain Vanhounde - est dévoilé grâce aux agents qui procèdent à son arrestation musclée. Sa bien aimée ne croit pas un instant en la culpabilité de ce personnage à la carrure imposante et à la liste conséquente de cadavres laissés derrière lui sur le sol américain. C’est justement dans son pays natal qu’il devra être jugé. Pour cela il faut le transporter en toute discrétion sans affoler les passagers d’un potentiel navire traversant l’Atlantique. La chance sourit aux enquêteurs, un paquebot qui possède à son bord des cellules et dont la renommée en fait le navire le plus fiable de son temps va quitter l’Angleterre. C’est ainsi que nous retrouvons une journaliste, une amie d’enfance, un inspecteur, son subordonné, un escroc au jeu ainsi qu’un meurtrier et sa mystérieuse fiancée... à bord du TITANIC.

Critique

L’album Les Fantômes du passé reprend les codes d’un événement dramatique non élucidé connu de tous mais dont les auteurs s’apprêtent à nous révéler le dénouement. Cette intrigue ressemble sous certains aspects scénaristiques au chef d’œuvre de Christophe Chabouté sur l’affaire Henri Désiré Landru. C’est sans difficulté que l’ambiance passant de la brume londonienne au somptueux navire du Titanic nous embarque dans une aventure prenante. On s’interroge tour à tour sur ce potentiel tueur dont on effleure seulement la personnalité, puis cette amie d’enfance au comportement singulier. Que peut bien contenir ce fameux carnet que l’inspecteur tient impérativement à ce qu’il soit rendu public s’il lui arrivait malheur ? Autant d’éléments qui nous amènent à souhaiter bien vite la sortie du second volume dans lequel cette histoire prendra fin.

 

Hélène Boucher l’étoile filante - note : 8,5/10


L’histoire

Le 30 novembre 1934, Hélène Boucher, l’aviatrice aux multiples records, accorde une dernière photo pour immortaliser sa présence au 14e salon de l’aviation situé au Grand Palais à Paris. Elle quittera bien vite les lieux afin de regagner la piste et s’entraîner à bord du fameux Caudron C.430 « Rafale » dont elle assurera la démonstration le lendemain. En plein vol la perte de vitesse se fait soudainement ressentir alors que la piste est toute proche. Il est déjà trop tard. De toute part les branches mitraillent la carlingue et transforment ce qui n’était qu’une répétition de routine en véritable drame. La photo prise au salon de l’aviation sera effectivement la dernière d’Hélène Boucher.

Critique

Les éditions Paquet proposent une fois de plus un album de grande qualité consacré au merveilleux monde de l’aviation. L’histoire relate avec justesse et force émotion la bien courte vie d’une pilote qui a marqué les esprits en enchaînant les défis aériens et en multipliant les records.
L’histoire de la vie de l’aviatrice est servie à la perfection par l’adoption de la ligne claire. Le billet provenant de la main de St Exupery ne peut nous laisser de marbre lorsque la dernière page de ce bel album se tourne.
Hélène Boucher

 

L’Oiseau Blanc - note : 8/10

L’histoire
L'Oiseau Blanc.

 

Les prémices de l’aviation ont connu bien des héros... et bien des drames. Chaque pilote désireux de marquer l’histoire en y associant son nom rivalise d’audace et parfois d’inconscience. Charles Nungesser fait partie de ces pilotes Français d’exceptions pour lesquels chaque nouveau défit mérite d’être relevé si un engin nouvellement conçu ou modifié peut y parvenir. Entre fortune, amour et déboires, Charles est un battant qui ira jusqu’au bout... le bout ? La traversée de l’Atlantique, sa dernière grande aventure, ne laissera aucune trace de l’Oiseau Blanc, l’avion biplan Levasseur, qui reste à ce jour l’un des plus grands mystères de l’aviation.

Critique

On regrettera le trait un peu simpliste mais il ne gêne aucunement la lecture qui s’avère prenante dès les premières pages. Le graphisme a pour avantage de rendre cette histoire accessible même à de jeunes lecteurs malgré une traversée dont l’Oiseau Blanc ne franchira jamais la ligne d’arrivée.
La préface signée Patrick Poivre d’Arvor annonce la couleur, les deux pilotes que nous suivrons durant 64 pages ont disparu sans laisser de trace il y a plus de 80 ans. Il est impossible en un album d’évoquer la richesse d’une vie aussi remplie que celle de ce pilote demeurant encore aujourd’hui l’un des militaires les plus décorés de l’armée Française. La réussite des auteurs réside dans cette capacité à se focaliser sur les moments clef de son existence sans omettre les failles de cet homme.
Lire un album évoquant l’aviation avec les éditions Paquet, c’est le plaisir de découvrir un pan de l’histoire dont nous n’avions pas nécessairement connaissance. Chaque lecture nous plonge dans un monde bien réel dont quelques dizaines d’année nous séparent, pourtant tout semble si lointain. Le danger est présent à chaque page, et souvent la fin s’avère tragique.
L'Oiseau Blanc

 

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