3.5/10Papyrus - Tome 30 - L'oracle de Thot

/ Critique - écrit par riffhifi, le 18/05/2008
Notre verdict : 3.5/10 - Papyrus n’est pas un vieillard slave (Ecrivez votre critique)

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Trente ans, trente tomes... La saga de Lucien de Gieter n'est plus depuis longtemps qu'un énième et paresseux récit d'aventures calibré pour marmot, version « L'Egypte pour les nuls ».

Papyrus, s'il voit le jour dès le 24 janvier 1974 dans le numéro 1867 de Spirou, ne connaîtra une parution en album qu'à partir de juillet 1978. Cette année, il parvient donc à trente albums en trente ans, une performance qu'il convient de saluer à défaut de s'en réjouir. Parce que franchement, si la série n'a jamais joué des coudes pour se frayer un passage sur les étagères des lecteurs adultes, elle a rarement atteint un niveau de qualité aussi bas. Peut-être les bambins adeptes de la série animée dérivée (52 épisodes à ce jour, youpi) s'en contenteront-ils.

L'intrépide Papyrus, sollicité par son ami Imhoutep pour se pencher sur une affaire de meurtre, est amené à se prendre le bec avec sa bonne amie Théti-Chéri qui croit qu'on accuse son père le Pharaon d'être un assassin. Mais comme chacun Laisse-moi quitter cet album !
Laisse-moi quitter cet album !
sait, les assassins, ce sont les méchants, et pas les gentils.

Laissez votre cerveau à l'accueil, l'album s'adresse aux moins de 10 ans exclusivement. Intrigue bâclée, dessins tracés à la va-vite à l'exception de quelques décors de temple, on se croirait devant la plus anecdotique des aventures de Bibi Fricotin. Les couleurs sont presque toutes des variations de marron, à l'exception du ciel qui est tout le temps du même bleu ; on appréciera tout de même une volonté de caser du violet aux planches 39-40, qui se démarquent du reste de l'album par leur graphisme et leur mise en page - il s'agit d'une scène de rêve. Sorti de là, point de salut, les péripéties ont toutes été vues un bon millier de fois dans ce genre de littérature (hoho, le vilain qui se fait passer pour un dieu, héhé, le gentil qui se fait passer lui aussi pour ce dieu afin de rétablir la vérité), et on pourrait aussi bien croire qu'il s'agit d'une réédition d'une aventure des années 70. Ou 60. C'est à se demander si de Gieter n'a pas conscience de cette faiblesse, à voir la remarque dont il se fend à la planche 8 : sous un échange entre Papyrus et Théri-Chéri, on peut lire « d'accord, le dialogue n'est pas terrible, mais c'est toujours comme ça entre les Je t'implore de me donner de nouvelles fringues !
Je t'implore de me donner
de nouvelles fringues !
amoureux... » Mouais, disons plutôt que c'est toujours comme ça chez les dialoguistes paresseux...

Pour célébrer la victoire que constitue la parution d'un trentième album, L'oracle se pare d'un dossier de 16 pages en fin de volume, consacré à l'Egypte ancienne. Si les programmes n'ont pas changé depuis mon époque, les connaissances contenues dans ces 16 pages sont toutes dispensées aux élèves de sixième. Donc si vous avez plus de onze ans, vous n'y trouverez probablement rien de plus qu'un peu de révision.

Le vrai défi intellectuel de l'album, finalement, c'est son titre : la couverture annonce L'oracle, mais la première page de l'histoire arbore le titre L'oracle de Thot. Suspense, mystère, tout ça.

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