3/10Pandamonia : petit ourson de pine

/ Critique - écrit par athanagor, le 27/04/2011
Notre verdict : 3/10 - A poil et à vapeur (Ecrivez votre critique)

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Sur un sujet d’anticipation faisant resurgir les créatures du docteur Moreau, cette BD ne laissera dans l’esprit que l’image d’une extrême confusion, avec du poil autour.

Que penser réellement d’une BD qui commence par une citation de Dexter Morgan. Pas le scénariste de la série, ni l’auteur du livre qui l’a inspiré, ni même l’acteur l’incarnant, mais bien le personnage comme étant à l’origine d’une réflexion à portée philosophique. Eh bien cela dépendra sûrement de qui la lit. Après tout, nous aurions admis une citation de Sherlock Holmes ou d’Arsène Lupin. Mais avouons que la contemporanéité de l’attachant tueur cathodique et le fait qu’il ne se confonde absolument pas avec son auteur ait de quoi nous faire tiquer. C’est donc avec un sévère a priori qu’on démarrera la lecture, a priori qui ne sera jamais mis à mal.

Un peu moins dérangeants que ceux qui se trémoussent le bonbon dans les pubs pour une fameuse boisson gazeuse à l’orange, les animaux anthropomorphes de cette BD (qui sont en fait des hybrides homme / animaux,
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comme ceux du docteur Moreau) passent tout de même une bonne partie de leur temps à se lécher les parties… réciproquement. Dans ce dédale de nichons et de fourrure, agrémenté de gunfights et employant les désormais traditionnels complot fasciste et autre groupe de religieux illuminés, s’élabore une intrigue étrangement pensée. Le fond de l’histoire veut que les hybrides aient été conçus par une société d’OGM, Erosgen (pour Eros et génétique), pour lutter contre la chute de la libido de l’espèce humaine. Cette dernière entraînant une diminution drastique des naissances, un croisement génétique a été mis au point pour regonfler le pantalon des populations, avec le  résultat de favoriser alors l’émergence d’une humanité hybride. Bon… à la rigueur pourquoi pas. Cette histoire en vaut bien une autre. On restera, malgré tout, un peu dubitatif devant le choix de l’animal censé représenter le messie qui vient en aide à l’humanité : un panda. D’une part, on a eu beau chercher, chez Krinein on n’a pas trouvé de bête qui soit aussi peu excitante qu’un panda, à part peut-être un paresseux. D’autre part, il s’agit bien là d’un choix tout à fait singulier (et découlant certainement du titre qui a dû être trouvé avant tout le reste), le panda étant lui-même voué à l’extinction pour les mêmes raisons que celles qui condamnent l’humanité ici, à savoir son inénarrable apathie sexuelle. Alors soit, la nana panda est super bien gaulée et ne se prive pas d’y aller franco, mais s’il devait y avoir un début de cohérence, son héritage génétique devrait la rendre obèse et pas trop motivée par autre chose que du bambou.

Mais admettons derechef que cela soit ainsi et regardons maintenant comment cela se passe côté technique. Il faut bien admettre que le dessin, dans son style particulier, est plutôt bon et véhicule assez
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efficacement les moments torrides qui peuplent le récit en abondance. Mais il faudra croire que les auteurs ne se sont concentrés que sur ça. Pour ce qui est de l’intrigue, elle est dévoilée tout de go, au moment le moins opportun pour les protagonistes, et s’appuie sur des dialogues insuffisamment développés pour comprendre le reste. Mais le pire se trouve être le découpage de l’action. D’une case à l’autre, on ne sait plus où on en est, ce qui se passe et qui fait quoi. Et quand on y arrive c’est pour se demander pourquoi untel agit de la sorte. Certaines scènes sont complètement inutiles et surgissent d’on ne sait où pour s’arrêter aussi vite au milieu de rien et sans faire évoluer l’intrigue d’un iota. D’autres moments cruciaux sont, par contre, traités par dessus la jambe, histoire de vite retourner dans une situation où on peut voir la « queue du Mickey ».

Ce qu’on retiendra vraiment de cette BD, c’est son caractère décousu qui a vite fait de la rendre incompréhensible. Pour peu qu’on insiste pour la lire en entier, on ne se souviendra pas de grand-chose d’autre, sinon, bien sûr, des hybrides hots qui la peuplent et sur lesquels est portée toute l’attention. On sera aussi surpris de voir qu’il aura fallu deux scénaristes pour ce résultat, et qui plus est, enseignant la discipline dans des écoles spécialisées.

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