ATTENTION : CONTENU RESERVE A UN PUBLIC AVERTI

Les images et textes à caractère érotique, pornographique ou violent contenus dans cette page peuvent choquer certaines sensibilités. En consultant cette page, vous attestez être majeur au regard de la loi française et vous prenez vos responsabilités par rapport à son contenu.

CONSULTER QUITTER

8/10Orient sexpress

/ Critique - écrit par Maixent, le 04/04/2021
Notre verdict : 8/10 - Durail (Ecrivez votre critique)

Temps de lecture estimé de l'article : 3 minute(s) - laisser un commentaire

Le train, voyage érotique

Dans le théâtre classique on trouve les trois unités primordiales afin que le récit soit cohérent et que le thème abordé soit  le plus clair possible. Ce sont les unités d’action, de temps et de lieu. La première focalise le spectateur sur une action en particulier afin qu’il ne soit pas parasité par des intrigues secondaires, la seconde resserre les faits afin de créer un tout cohérent et enfin la troisième, résultante des deux premières circonscrit la narration. C’est le modèle parfait pour, un récit érotique, le temps d’un voyage, dans un train. Cette réflexion de Maxime Spira dans la préface est des plus juste car elle confère à Orient Sexpress une efficacité redoutable, laissant le lecteur dans les codes de narration auxquels il est habitué tout en les faisant dévier légèrement de la voie dans une fantasmatique érotique et troublante propres à la temporalité irréelle du voyage.


Femme fatale

 

Pour ce cinquième opus de la collection Fumetti X on part donc en voyage à travers trois histoires ayant pour point commun de se passer dans un train. Il faut bien sur se remettre dans le contexte du train d’époque façon Orient-express avec cabines de luxe et wagon restaurant. On est dans l’érotisme vintage avec séduction la clope aux lèvres, pourboires généreux au garçon de cabine pour s’assurer de son silence et rencontres fortuites dans des couloirs trop étroits, pas de viol en bandes au terminus de la ligne de RER. Ce qui confère d’ailleurs un certain charme désuet. L’imaginaire prend le dessus car finalement les scènes de sexe, même si présentes et explicites, ne font pas la majeure partie de l’album. C’est plutôt une atmosphère qui s’empare du lecteur, de l’interdit, du lieu clos et du moment unique comme une parenthèse dans une vie.
Belle...C'est un mot qu'on dirait inventé pour elle

 

Ainsi, la première histoire est celle de la séduction. Un homme aperçoit une jeune fille sur le quai et décide de la séduire. Il faudra alors user de stratégie pour éloigner sa préceptrice acariâtre, acheter le personnel, espérer le frôlement du bas de la jeune fille sur son sexe sous la table du wagon restaurant. Les auteurs prennent le temps de développer cette fascination de l’inconnu et du mystère tout en se permettant une pirouette scénaristique à la fin donnant un ton plus humoristique et des trouvailles intéressantes comme ce glory hole entre deux cabines…


La qualité graphique pas toujours au rendez-vous

 

La seconde est plus polar avec toujours un petit côté daté, mélangeant de la romance, de l’espionnage et de l’action. Une femme troublante, une longue chevelure brune, un chapeau, un maintien et surtout un flingue puis une nuit d’amour dans une cabine exigüe. Mais toujours de l’humour car ceci est le fantasme d’un publicitaire qui rêve d’une rencontre fortuite et dangereuse, blasé de baiser les actrices qu’il doit choisir pour tenir le rôle principal du prochain spot. Un fantasme qui prendra corps mais n’est ce pas dangereux ?

Enfin, la troisième est un savant mélange entre banditisme et vaudeville. Un mari cocu, des tentatives d’arnaques et une bohémienne coquine un peu magicienne vêtue telle Esmeralda pour des rebondissements drolatiques et effrontés.

Si la qualité du dessin n’est pas toujours présente, les scènes de sexe sont cependant bien traitées et le style daté, là aussi, fonctionne. C’est donc un ouvrage qui s’inscrit parfaitement dans la collection. Extrêmement plaisant à lire, surtout pour les qualités narratives qui plongent vraiment le lecteur dans l’histoire. En simplifiant le cadre, les auteurs ont fait le bon choix. On est pris dans le récit, les scènes de sexe sont efficaces. C’est assez drôle. Mission accomplie pour l’Orient Sexpress. 

A découvrir

Vous pouvez aussi découvrir d'autres excellents articles sur Krinein, comme celui-ci : Androïdes – Tome 2 : Heureux qui comme Ulysse