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8.5/10Orgies Barbares - tome 1

/ Critique - écrit par Maixent, le 16/02/2014
Notre verdict : 8.5/10 - Game of sex (Ecrivez votre critique)

Temps de lecture estimé de l'article : 3 minute(s) - laisser un commentaire

Quand l'héroic fantasy ce n'est plus pour les enfants

Quand on tombe sur Orgies Barbares, un petit temps de réflexion est nécessaire pour comprendre de quoi il s’agit vraiment. Déjà le titre entre Spartacus et Conan qui annonce peu de finesse peut surprendre. Une couverture ésotérique avec un pentacle, des invocations en latin et une fille lascive entièrement nue à l’exception de ses chaussettes. On s’attend à un « truc » d’heroic fantasy avec un peu de sexe dedans histoire de booster les ventes. C’est le cas d’une certaine façon, mais c’est aussi beaucoup plus.


Yevlyn face au démon
Heroic fantasy et sexe sont souvent liés mais la plupart du temps d’une manière très indirecte. Toute une fantasmatique s’est développée autour des performances (ou des non performances) des Hobbits, tandis que les petits elfes ont une sexualité tellement éthérée qu’elle confine à l’absence mais rien de vraiment construit. On peut certes citer le web comic Oglaf, une vraie réussite humoristique, mais niveau excitation, pas grand-chose. Et pourtant il y a tellement plus à faire que de rêver à la sexy Red Sonja, vêtue de sa fine côte de maille taillée en bikini et du sang de ses ennemis. Et je dirais même que celui qui n’a jamais mis sciemment son avatar en sous-vêtements dans WoW me jette la première hache. Heureusement, Hartmann est là pour agencer tout ça.

Tous les thèmes de l’heroic fantasy sont ici présents. L’action se situe au cœur des terres légendaires des temps jadis, comme d’habitude, et tous les personnages usuels sont là : mages, sorcières, guerriers, paladins, créatures infernales, mercenaires, inquisiteurs, moines, riches marchands en quête de trésors oubliés, marquis et pauvres hères. De cette riche galerie se détachent trois figures féminines terriblement sexy : une guerrière, une inquisitrice et une voleuse. Trois personnages ayant chacun droit à trois historiettes et que nous retrouverons dans les cinq tomes à suivre déjà annoncés, comme toute bonne
Zoia  prenant un verre à la taverne
saga qui se respecte.

Yevlyn est une inquisitrice d’un style particulier, capable d’exorciser un démon ayant pis possession d’un pauvre paysan en usant de ses charmes, le démon ne pouvant résister à de multiples orgasmes qu’elle sait provoquer de manière experte. Poursuivant sa quête nous retrouvons notre femme d’Eglise face à un succube à deux queues pervertissant un couvent, puis sauvant une jeune femme des griffes de jeunes moines un peu trop zélés.

Zoia, la guerrière des Terres du Nord découvre le monde et ses coutumes, sur la route pour retrouver sa cousine. A travers son périple, elle sera la victime souvent consentante des hommes prêts à tout pour profiter de son inexpérience du monde civilisé. Mais si la barbare est ouverte aux plaisirs de la chair, il ne faut pas trop abuser de sa patience sous peine de tâter de sa hache. Il est par exemple vivement déconseiller de la saouler
La voleuse dans l'antre du monstre
dans une taverne et de la faire participer à un gang bang contre son gré.

Enfin la séduisante et énigmatique voleuse issue des Terres Orientales dont on ignore jusqu’au nom mais que l’on sait experte pour arriver à ses fins, usant avec finesse de tous les subterfuges dont elle est capable.

On retrouve les codes propres à cette littérature avec un temps d’exposition assez long, des petites pointes d’humour et un univers riche et bigarré qui se met en place. La particularité d’Hartmann est d’avoir réussi à y incorporer tout un univers érotique sans que celui-ci  atterrisse comme un cheveu sur la soupe, mais participant au récit au même titre que l’heroic fantasy. C’est un fait, nous entrons dans une véritable intrigue du genre, avec une construction formelle d’une efficacité qui a fait ses preuves. Cela allié à un dessin réaliste de facture classique mais avec un délié dans le traitement des corps et une réelle maîtrise des mouvements. Sans oublier bien sûr le talent de l’auteur pour des scènes de sexe souvent très poussées avec une débauche de chair et des dialogues sans tabou augmentant l’aspect excitant de l’ensemble. 

C’est donc un premier tome très prometteur qui nous embarque à travers ce monde moyenâgeux et fantaisiste qui ne diffère finalement pas tellement du notre avec plus de dragons mais toujours autant de vices.

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