7.5/10Orbital - Tome 3 - Nomades

/ Critique - écrit par riffhifi, le 22/08/2009
Notre verdict : 7.5/10 - Espèce opéra (Ecrivez votre critique)

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Runberg et Pellé entament le second diptyque de leur space opera hérité de Valérian et Star Wars. Les thèmes et le traitement sont classiques, le résultat est solide.

Après avoir plié les intrigues de la série quotidienne Colocataires et de la saga nordique Hammerfall, Sylvain Runberg est d'attaque pour entamer le deuxième cycle du space opera Orbital (ainsi, peut-être, que la suite de London Calling chez Futuropolis). Pas de doute, le garçon touche à tout, et la science-fiction semble lui sourire particulièrement (voir les critiques des tomes 1 et 2 et les commentaires enthousiastes qui les accompagnent).


Caleb l'humain et Mézoké la Sandjarr sont chargés de pacifier une situation tendue entre un groupe de pêcheurs et un peuple extraterrestres nommé Rapakhun. Ces derniers, nomades (d'où le titre, voilà), sont morphologiquement très différents de nous et présentent la particularité d'être cannibales. Pas anthropophages, hein, cannibales. C'est rituel, et les coutumes des autres ne devraient pas poser problème du moment qu'elles n'empiètent pas sur la vie des uns. Mais au XXIIIème siècle, la xénophobie existe encore...

On l'a vu dans les premiers tomes, l'univers dépeint par Runberg et le dessinateur-coloriste Serge Pellé se nourrit de nombreuses sources, et évoque aussi bien la science-fiction du défunt magazine Métal Hurlant que celle de la célèbre bande dessinée de Pierre Christin et Jean-Claude Mézières : Valérian. La quatrième de couverture semble même délibérément conçue pour répliquer les costumes et les poses de Laureline et Valérian. Les deux autres références majeures du genre, incontournables, sont présentes elles aussi : on distingue pas mal de Star Wars dans le look des aliens, et une bonne louche de Star Trek dans l'approche
thématique, mettant l'accent sur la difficulté des peuples à se comprendre et à s'accepter.

Mais Orbital n'apparaît pas pour autant comme un patchwork mal reprisé, fait de bric, de broc et des restes de la veille. Les auteurs y insufflent une vraie personnalité, leur bestiaire est unique (les Rapakhuns, à mi-chemin entre la tortue, le poisson-chat et... euh... autre chose), et leur récit se lit avec avidité (la première séquence, brutale et intrigante, est suffisamment motivante pour ne pas lâcher l'album avant la fin). Le personnage principaux possèdent tous deux une aura de mystère : Mézoké Izzua appartient à un peuple sans sexe (« je suis devenü leur mauvaise conscience ») malgré leur apparence résolument féminine de notre point de vue, et Caleb Swany possède un passé à peine avouable qui contraste avec son air de gendre idéal.

Le prochain tome sera titré Ravages, clôturera l'intrigue de ce second diptyque, et on en espère la sortie l'an prochain...

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