8.5/10Orbital - Tome 2 - Ruptures

/ Critique - écrit par iscarioth, le 06/07/2007
Notre verdict : 8.5/10 - Traditionnellement bon (Ecrivez votre critique)

Temps de lecture estimé de l'article : 2 minute(s) - 1 réaction

Les ingrédients du genre sont utilisés avec une telle maîtrise, qu'il est difficile de se sentir biaisé. Une bonne vieille soupe, fait dans un bon vieux pot, en somme.

Le deuxième tome d'Orbital était l'un des albums les plus attendus de cette année 2007. En 2006, la sortie du premier Orbital a catapulté Sylvain Runberg du statut de "jeune scénariste" à celui de "scénariste très prometteur". Que reste-t-il de notre enthousiasme ?

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La grande bouffe des étoiles
Force est de constater que pour l'instant, Runberg ne révolutionne pas grand-chose. Il délivre avec les Colocataires un portrait presque immature des étudiants, à la sauce quotidienne. Avec Hammerfall, il réutilise les vieux codes de la fresque fantastique et médiévale. Avec Orbital, est ce que le jeune scénariste innove ? Pas du tout, mais pour autant, le résultat convainc énormément. On est ici en territoire connu, celui de la science-fiction, de la grande fresque futuriste. Les premières pages nous immergent au cœur d'une scène d'action à la Starship Troopers (souvenez-vous de l'attaque du fort). D'inquiétantes et gigantesques bestioles noires entourant un groupe d'humains recroquevillés, trop faiblement armés. L'ambiance est brumeuse et pluvieuse, sur cette planète grisonnante, morose, abîmée, sur laquelle on n'aperçoit que des tuyauteries et machineries en guise de paysage (Alien 2 ?). Une scène d'action aussi commune que bien expédiée règle le problème introductif et permet d'aborder la suite, plus scénarisée...

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Mézoké,
l'action silencieuse
On retrouve l'une des caractéristiques de l'histoire psychologique : la peur de l'autre, du différent. Mézoké, l'extra-terrestre, est victime de la psychose humaine, malgré ses coups d'éclat. Elle réagit avec sagesse et distanciation. Le duo qu'elle forme avec Ifken est aussi très atypique : deux personnages aux antipodes (race, apparence sexuelle) mais réunis par une certaine sobriété qu'on pourrait qualifier de classieuse. Un duo dans tous les cas charismatique, qui nous renvoie aux glorieux Valérian et Laureline, malgré la différence de ton du récit. Les scènes d'action, de spectacle ou de suspens s'entremêlent bien aux passages plus axés sur l'explicatif ou le dialogue. L'esthétique créée, notamment pour le vaisseau spatial, rappelle la science-fiction franco-belge période Métal Hurlant. Caza mais aussi Bilal et sa trilogie Nikopol.

Orbital, c'est donc une série qui se fait héritière d'un large et riche patrimoine SF, sans trop rien y apporter de neuf. Pourtant, les ingrédients du genre sont utilisés avec une telle maîtrise, qu'il est difficile de se sentir biaisé. Une bonne vieille soupe, fait dans un bon vieux pot, en somme.

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