7/10Dans mon open space - Tome 1 - Business circus

/ Critique - écrit par riffhifi, le 23/05/2008
Notre verdict : 7/10 - Bureau d'écoeure (Ecrivez votre critique)

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Avec son titre et un auteur appelé James, Open space pourrait être une bd anglo-saxonne, d'autant plus qu'elle se situe à mi-chemin entre les strips de Dilbert et la série TV The Office.

Avant de se lancer à plein temps dans la bande dessinée, d'abord chez l'Association et 6 pieds sous terre, puis aujourd'hui chez Dargaud, James (c'est pas son vrai nom) a bossé dix ans dans un bureau. Autant dire qu'il maîtrise le sujet, et que les mesquineries de cet univers n'ont aucun secret pour lui...

Des fables de La Fontaine à Blacksad, la formule a fait ses preuves : les animaux anthropomorphes constituent de parfaites métaphores de l'être humain proprement dit. On ne s'étonnera donc pas que dans cette entreprise de lingerie, le chef des lieux Roland soit représenté sous l'aspect d'un rhinocéros, animal vieux et lourd par Vous aussi, vous vous éclatez au boulot ?
Vous aussi, vous vous éclatez au boulot ?
excellence ; que le responsable des ventes Jean-Luc soit un bœuf, animal qui se passe de commentaires ; et que le nouveau stagiaire Hub' soit un toutou, prêt à servir de souffre-douleur à son entourage. Quant à James, il se représente sans trop d'auto-complaisance en nounours blanc honteusement intégré à son environnement, bien que généralement placé en simple observateur des situations. La vraie vedette de cet album, c'est Hubert, dont on suit le stage avec empathie, découvrant en même temps que lui les réunions oiseuses, les blagues lourdingues des collègues, les luttes d'influence entre services et les rapports hiérarchiques générateurs de servilité. Bien entendu, on en rigole beaucoup plus (et beaucoup plus jaune) quand on y retrouve son propre quotidien. Bien entendu, le public concerné est large, preuve en est la publication de certains gags de l'album dans le journal gratuit A nous, qui gagne ainsi le droit d'apposer son sticker promotionnel sur la couverture.

Avec ses gags en une page ou deux, Dans mon open space dispense un graphisme et un humour au ton assez anglo-saxon, se démarquant ainsi légèrement de la plupart des titres de la collection Poisson Pilote. Rien d'aussi
extravagant que dans Dilbert, qui donne bille en tête dans le non-sens le plus échevelé, mais les situations sont amusantes et les personnages bien vus. On peut regretter néanmoins un certain manque d'extravagance : on aurait aimé, par exemple, voir un peu plus le personnage de Victor, littéralement mis dans un placard et sortant la nuit en quête de travail à faire. Ce genre d'idée est un peu trop rare dans l'album, et l'humour apparaît parfois un peu frileux. On se contentera pourtant sans trop de peine du dessin élégant et de la satire pertinente du monde du travail, en espérant un deuxième tome un peu plus imaginatif.

Finalement, James met le doigt sur l'essentiel : malgré son nom, l'open space est un univers épouvantablement fermé, qui fonctionne en vase clos. Et rien ne ressemble plus à un open space qu'un autre.

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