6/10Odyssées initiatiques

/ Critique - écrit par Maixent, le 16/09/2016
Notre verdict : 6/10 - Le yéti du far-west (Ecrivez votre critique)

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Une autre facette de l'oeuvre de Manara

Toujours avec une volonté de montrer un autre aspect de l’œuvre de Manara, Glénat publie Odyssées initiatiques. Deux récits très différents mais se rapprochant sur un point, les héros devront traverser des épreuves et des contrées difficiles pour en ressortir grandis et trouver un sens à leur existence.


Un samedi soir comme les autres

 

Amateurs d’érotisme passez votre chemin. A part les jambes fuselées de Lapine Blanche vous ne verrez pas grand-chose, mais là n’est pas le propos. Cette réédition permet de renouer avec le style graphique du Manara des débuts avec un dessin proche des années Pilote, plus réaliste, et que l’on pourrait comparer à  des artistes comme Giraud ou William Vance, respectivement dessinateurs de Blueberry et XIII.
Le migou !

 

Deux récits différents donc, le premier prenant place en 1921 dans le massif de l’Himalaya, le second dans les plaines arides du far-west . Le premier récit est un véritable voyage intérieur et une réflexion sur le monde et la nature humaine. Tobey et un jeune reporter pétri de certitudes partant enquêter sur la légende de l’homme des neiges, prêt à enjoliver son récit si nécessaire. Mais lorsqu’il se retrouve confronté à la créature, son existence va prendre un tout autre tournant. Il se réveille soudainement dans une lamasserie et adopte peu à peu le mode de vie et la philosophie des moines, incapable de quitter cet endroit. Il deviendra l’un deux, un homme des neiges protecteur d’un savoir et d’une culture fragile au-delà des simples considérations humaines.

Le deuxième récit est beaucoup plus rocambolesque mais pas moins intéressant. Les personnages y sont plus caricaturaux et plus enlevés. Un homme traversant le pays pour retrouver son amour, un vieux fou, sergent de réserve de sa majesté se battant contre des moulins à vent, une ravissante indienne indocile et séductrice et enfin, un révérend se métamorphosant en Mister Hyde à la première goutte de pluie. Tout ce petit monde tentant de survivre dans un pays en devenir corrompu par les guerres et les haines mesquines des hommes. Avec un sens du rythme et du burlesque, L’Homme de papier est un récit prenant et enjoué malgré un aspect tragique.

Odyssées initiatiques offre l’opportunité de mettre en avant une autre facette de Manara, une facette toute aussi intéressante que son travail sur l’érotisme. Car s’il est connu en particulier pour le Déclic, il est surtout un grand nom de la bande dessinée, et ce peu importe le style, avec un dessin de qualité et une narration impeccable. 

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