6/10Nüwa, les 7 Immortelles

/ Critique - écrit par athanagor, le 13/12/2008
Notre verdict : 6/10 - Nawak, les 7 portes (Ecrivez votre critique)

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Jean-Luc Istin, auteur phare de la maison Soleil, s'autorise une véritable polyvalence dans ses thèmes. Il s'essaie ici au scénario Wu Xia Pian, mais la tentative ne traduit pas son talent.

Au crépuscule de sa vie, Lao, le moine songeur, décide de relater les évènements auxquels il participa et qui conduisirent le royaume à sa situation actuelle. Tout commence par l'invasion des neuf royaumes du Lotus par les guerriers Hittites. Les souverains de ces royaumes, bien que puissants, se montrent trop orgueilleux pour mener une résistance efficace à l'invasion, refusant que l'un d'entre eux puisse prendre le commandement sur les autres. Alors vint Kan, fils d'un homme et d'une immortelle. Armé de son épée Dragon, à la puissance i
nimaginable, il chassa les envahisseurs et devint l'empereur des neuf royaumes. L'un des souverains, mal conseillé par un démon incarné en sa femme, se souleva contre Kan, et lors d'une bataille mémorable, ils s'entretuèrent.

Kan mort, l'épée Dragon se retrouve sans maître et sa puissance ne doit animer le bras de personne d'autre. Sept sœurs immortelles, chargées de la garde de l'épée doivent alors sillonner le pays pour la remettre à la réincarnation de Kan. Nüwa est l'une d'entre elles, la plus jeune et la dernière, toutes les autres ayant échoués dans leur mission. Mais toutes ne sont pas mortes pour autant. L'échec de l'une d'elle est d'avoir cédé à l'appel émanant de l'épée, de s'en être servi au combat et d'avoir ainsi irrémédiablement corrompu son âme. Envoutée par le pouvoir de l'épée, elle met tout en œuvre pour en devenir la maîtresse et mettre à genoux les souverains des neufs royaumes. Nüwa, victime d'un stratagème à deux balles, se fait voler l'épée par un des sbires de sa sœur, et elle n'aura de cesse de la récupérer, aidée en cela par un fantôme et le moine Lao, jusqu'à enfin pouvoir la remettre à son propriétaire légitime, Kan.

Une chose est sûre, l'illustration a demandé pas mal de boulot à Likun, dont le dossier de p
resse nous apprend qu'elle est dessinatrice et chinoise, c'est tout. Fort heureusement le site de Soleil s'étale un peu plus sur son palmarès, et c'est sans surprise que l'on apprend les nombreux prix qu'elle a remportés, surtout en tant que coloriste. L'album est à la hauteur de la réputation de sa dessinatrice. Quoique dans un style un peu immobile, le planches sont réellement belles, chaque case offrant la même qualité de réalisation que la précédente, le tout dans une cohérence très agréable. Le style à mi-chemin entre le trait manga et un traitement des couleurs plus sombre et plus brumeux que celui attendu dans ce genre, installé dans un décor fortement inspiré des films de cape et d'épée aux relents fantastique de Hong-Kong, s'avère très agréable, car difficile à cataloguer.

L'histoire scénarisée par Jean-Luc Istin n'est, quant à elle, malheureusement pas à la hauteur de ce à quoi il a su nous habituer. Certes, tous les ingrédients du genre pris en référence sont présents. Des êtres magiques, une quête pour le bien, des ennemis implacables et sanguinaires menant une armée motivée  bien comme il faut pour anéantir ce qui est bon. Les thèmes récurrents sont aussi de la partie, l'honneur, le courage et l'abnégation, face à la convoitise, la fourberie et le mensonge. Tout est en ordre et on croirait réellement être en train de regarder un film comme le cinéma de Hong-Kong en a produit
ces dernières années, dans la lignée de tout ce qu'il a produit ces dernières décennies, dans ce genre particulier. Et oui, disons-le, c'est plutôt pas mal, pour un gars bien de chez notre côté du monde, d'arriver à saisir les codes fondateurs du genre pour en faire une histoire tout à fait acceptable. Mais malheureusement, il n'y apporte rien de plus. On aurait attendu, d'un tel scénariste, capable de grandes choses, un peu plus qu'une énième version d'une histoire Wu Xia Pian, et pourquoi pas quelque chose à la croisée des deux cultures.

Alors oui ! c'est divertissant, oui ! c'est beau et oui ! c'est cohérent, mais c'est tellement classique que c'en est presque inutile. Dommage, car on a l'intuition que des choses étonnantes pourraient surgir de telles associations d'auteurs.

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