7.5/10Les Nombrils - Tome 4 - Duel de belles

/ Critique - écrit par riffhifi, le 02/10/2009
Notre verdict : 7.5/10 - La belle, la belle et la moins belle (Ecrivez votre critique)

Temps de lecture estimé de l'article : 3 minute(s) - 84 réactions

Le succès des Nombrils auprès de la jeunesse est-il le simple résultat d'une campagne marketing savamment orchestrée ? Pas vraiment, non : les deux auteurs canadiens à l'œuvre derrière la série ont l'œil et le verbe affûtés.

Difficile d'échapper aux Nombrils lorsqu'on fréquente les rayons BD, les couloirs du métro ou même la section "nouveaux commentaires" de Krinein. La série, lancée il y a quatre ans dans Spirou, atteint logiquement aujourd'hui son quatrième tome, attendu par les fans durant plus longtemps que les précédents (un an et demi). Les fans en question, pas de mystère, sont essentiellement des minettes de 8 à 15 ans,
habituées à arpenter les couloirs de l'école et à gérer au quotidien des problèmes aussi graves que le choix de leur rouge à lèvres, le changement de sonnerie de leur Ipop (...pog ? ...pob ?) ou l'éclosion de boutons d'acné entre leur œil gauche et leur oreille. Et pour cause, la bande dessinée présente un trio de personnages dans lequel le métalleux buveur de bière aura du mal à se reconnaître : deux pétasses au string remonté jusqu'au nombril (d'où le titre), et une grande asperge au physique plus disgracieux, constamment victimisée par les deux pestes pré-citées. Titre pour ado, servi à la découpe comme les inévitables séries de blagues pondues sur les flics, les pompiers, les profs ou les éleveurs de concombres du Loir-et-Cher ? En réalité, Les Nombrils s'élève sans trop de difficulté au-dessus de ce préjugé.

Refusant de s'engager dans la voie "pédagogique" de certaines séries voisines (Tamara), celle-ci ne s'engouffre pas pour autant dans la facilité, le gag lourd décliné à l'infini en direction d'un public supposé trop niais pour s'en rendre compte. Au contraire, les auteurs (le couple canadien formé de Maryse Dubuc et Marc Delafontaine - alias Delaf) prennent le soin de développer une histoire sur le long terme, quitte à faire évoluer (doucement) leurs personnages plutôt que de les enfermer dans leur fonction. Dans ce nouveau tome, la popularité de Vicky et Jenny se voit dangereusement menacée par le retour de Mélanie, blondasse écolo de
retour d'une mission humanitaire. Facteur aggravant pour la donzelle : elle a piqué Dan à Karine, et la grande bringue ne se remet pas de ce chagrin d'amour... Autour de ces personnages gravitent une belle galerie de seconds rôles : Murphy le boutonneux, en couple avec un boudin ; les sœurs de Jenny et Vicky, copies carbones avec quelques années de plus ou de moins ; Fred et Hugo, respectivement président et vice-président du conseil étudiant (et respectivement beau et moins beau)... Le vivier est suffisamment riche pour qu'aucun des gags de l'album ne ressemble à un autre. Inventives, généralement cantonnées à une page mais occasionnellement développées sur plusieurs (jusqu'à cinq pages), les historiettes se répondent, se complètent, et font globalement avancer le récit en accordant autant d'importance aux deux bombes cruches (la rousse étant la plus écervelée, et la brune la plus retorse) qu'à la semi-moche au bord de la dépression. Assez naturellement, on est pourtant poussé à prendre le parti de cette dernière, et à espérer qu'elle trouve sa personnalité et le bonheur...

Un trait fin, une mise en scène précise et un ton juste, entre dérision et tendresse, achèvent de faire des Nombrils une bien agréable série d'humour inoffensif. D'ores et déjà un classique spirovite.

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