3/10No Limits

/ Critique - écrit par iscarioth, le 25/09/2005
Notre verdict : 3/10 - In a wonderful world (Ecrivez votre critique)

Temps de lecture estimé de l'article : 3 minute(s) - 1 réaction

Un album très certainement trop édulcoré et simpliste pour toucher réellement une majorité de personnes.

Derib a longtemps été connu pour ses bandes dessinées humoristiques, plutôt destinées aux enfants : Attila, Pythagore et surtout Yakari, très célèbre série scénarisée par Job et traduite en treize langues... Depuis 1991, le dessinateur s'est investi dans trois oeuvres de prévention : Jo (1991), Pour Toi Sandra (1996) et No Limits (2000). Des BD à thèmes, très orientées, construites pour renseigner et pour toucher un public en proie à des dangers. Ces trois BD ont été financées par des associations et ont souvent été distribuées un peu partout dans les collèges et lycées...

L'histoire

Yann est un adolescent dissipé. Il sèche les cours pour aller faire du roller dans la rue en compagnie de son ami Luis. Le jeune homme va se retrouver déstabilisé par les problèmes de couple de ses parents.

Se prémunir de la violence

000034pm1_250.No Limits est le dernier album préventif en date de Derib. Financé par la Fondation pour la vie, qui avait amené le projet de Jo et soutenu Pour toi Sandra, No Limits s'attaque au thème de la violence. Le but affiché de l'album : « aborder les problèmes et les difficultés liés à la violence dans un esprit de dialogue et d'écoute réciproque ». Pour arriver à ses fins, Derib a tout intérêt à se prémunir d'une forte dose de réalisme. A l'arrivée, même si le scénario élaboré par Derib se base sur de nombreux témoignages, l'histoire et l'univers recréés sont loin d'êtres crédibles. Tout d'abord au niveau graphique. Derib est un dessinateur qui ne sait pas vraiment faire évoluer dans le sens du temps son coup de crayon. Ce n'est pas tellement la technique du dessinateur qui fait défaut mais sa façon de représenter le quotidien. Alors que No Limits a été conçu en 2000 pour toucher un public jeune, on croirait que l'histoire se déroule dans les années quatre-vingt tellement, à une coupe de cheveux près, l'apparence des personnages est vieillotte. L'action et les dialogues sont peu naturels. Le thème de la violence est traité à la fois avec un systématisme agaçant et une sobriété hypocrite. L'adolescence, ce n'est pas seulement mettre sa casquette à l'envers, faire des doigts d'honneur et dire merde à la place de zut. Quelques gros mots, un rat de compagnie et une cascade mal exécutée... On ne peut pas dire que les excès de Yann soient des plus violents. No Limits, c'est beaucoup plus l'adolescence et l'asociabilité qui en découle que la violence. No Limits semble tout de même remplir son rôle préventif chez les jeunes : différents thèmes qui peuvent découler ou être à l'origine de la violence comme les conflits familiaux, le racisme, le vol, le racket, les drogues et l'alcool, sont évoqués. Mais, comme on le dit souvent, nos amis les jeunes « flairent le bidon à cinq cent mètres ». Même si No Limits traite de thèmes et de dérives universels, l'album est très certainement trop édulcoré et simpliste pour toucher réellement une majorité de personnes.

Conservateur ?

00000000134pm2.Avec No Limits, Derib s'attarde peu sur ce qui a poussé Yann à s'exclure et à se rebeller. No Limits se contente de suivre le chemin de croix de Yann du "mal" vers le "bien". Ici, la victoire du bien, c'est Yann qui s'intègre à la société. No Limits ne s'interroge pas sur ce qui a pu pousser Yann à adopter une attitude haineuse. La société n'est pas remise en question : il faut l'intégrer, c'est tout. Le message de l'album peut être vu comme dangereux : se marginaliser, c'est s'exclure de la société et courir à la destruction (Luis dans le coma). Derib ne montre pas vraiment d'enjeux sociaux, de choses à améliorer. L'auteur propose une société parfaite pour ceux qui souhaitent l'intégrer.

« Pour en savoir plus... »

Comme dans beaucoup de BD préventives, il y a à la fin de No Limits un appendice à caractère informatif. Le fameux « pour en savoir plus ». Contrairement à Pour toi Sandra, No Limits est doté d'un supplément très juste et approprié. L'appendice se contente de renseigner, d'informer, de définir... Très intelligemment, on a rajouté à la fin de No Limits des extraits simplifiés de la Convention Internationale des Droits de l'Enfant ; un texte d'une importance capitale.

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