3/10New York 1979

/ Critique - écrit par Maixent, le 15/10/2014
Notre verdict : 3/10 - Victime de la mode (Ecrivez votre critique)

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Mode et super-héros

Et si Peter Parker ne s‘était pas fait piquer par une araignée mais, à l’instar de la Belle au Bois dormant, par le chai d’une aiguille magique, lui conférant un sens du stylisme hors du commun ?  Dans le même temps sévit la brigade capillaire, Cassaro et Konaski sont les Funky Cops du cheveu, luttant pour le maintien des coupes années 70.


L'effet catalogue
Pochep donne à voir une époque fantasmée (il n’avait que 12 ans en 1979), emprunte de pop culture et d’une débauche vestimentaire  juste avant la rigueur des années 80. C’est une époque de tissus colorés, de pantalon patt’ d’éph, de cols pelle à tarte, de coudières en cuir et de slips kangourous à motif. Les cuisines sont en formica, les papiers peints psychédéliques et les voitures n’ont pas encore toutes une forme de gland.

79 est l’année du changement. Charnière difficile entre le disco et la New Wave,
Cassaro et Konaski en mission
les protagonistes se retrouvent confrontés à des choix et des missions d’une ampleur considérable pour de simples hommes. Le Tisseur, conscient que son grand pouvoir implique de grandes responsabilités, tente de semer la mode dans toute la ville. Doug, ancien modèle en fin de carrière. Warren, perdu dans ses convictions. La brigade capillaire tentant de préserver un certain équilibre, arpentant la ville tels Starsky et Hutch pour combattre le crime lèse rouflaquettes.

L’album est plutôt fouillé. On sent que Pochep s’est vraiment intéressé à son sujet, utilisant à bon escient le vocabulaire de la mode pour mieux le détourner et lui donner un aspect comique dans la répétition. On sent également un certain attachement à ses personnages qu’il essaye de développer. Et pourtant l’ensemble est assez ennuyeux.  Tout l’album ne ressasse que des discussions de coiffeur ou d’une copine énervante qui vous aurait trainé de force à faire le tour des friperies sachant que de toute façon au-delà du manque d’intérêt que
cela suscite en vous, vous n’avez  pas de quoi acheter une paire de chaussette. Alors bon, la chemise à jabot 100 % nylon qui existe en marron, rouge et bleu on s’en moque un peu.

De même, l’idée d’intégrer des pages genre catalogue de la Redoute est plutôt bien vue mais au final l’effet est assez soporifique. L’exercice de style n’est pas sans intérêt mais apporte peu à la narration. Le dessin, original, permet de mieux faire passer les choses, mais ne suffit pas à rendre l’ensemble haletant. On sent vraiment l’auteur à fond dans son délire mais la sauce ne prend pas. De plus, les longs dialogues n’aident pas et des cours entiers sur la philosophie de la fringue a de quoi lasser les meilleures volontés.

Dans l’ensemble on reconnait un réel enthousiasme de l’auteur pour son travail, et en ressort un album construit et maîtrisé mais l’ennui est également au rendez-vous. Il n’y a guère que le fabuleux costume flower power du tisseur qui restera en mémoire.

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