7.5/10Necromancy - Livre I

/ Critique - écrit par riffhifi, le 23/09/2008
Notre verdict : 7.5/10 - The horroring twenties (Ecrivez votre critique)

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Ambiance années 20 pour ce récit horrifique hypnotique et distingué. On attend tout de même la deuxième moitié pour se faire une idée du tableau d'ensemble.

L'association du jeune scénariste Fabien Nury (W.E.S.T., Le maître de Benson Gate) et du vieux briscard Jack Manini (alternativement scénariste et dessinateur, vu entre autres sur La loi du Kanun chez Glénat) donne naissance cette année à un diptyque intitulé Necromancy, qui plonge le lecteur dans une dimension surnaturelle et une époque que Jason Brice arpentait déjà le mois dernier : les années 20.


Louisiane, 1928. La Prohibition fait les beaux jours de fripouilles comme Gordon Devries, une sorte d'Al Capone local qui pousse le vice jusqu'à arborer sa propre cicatrice personnelle. Mais le danger le plus angoissant vient-il des truands et de leurs mitraillettes, ou des jeunes gens qui ressuscitent les morts pour les interroger ? Devries sera-t-il obligé de se confronter au souvenir du meurtre de sa femme ? Saura-t-il se rapprocher de son fils Jeff qui le hait ?...

Dans cette première partie, on est principalement séduit par l'ambiance, que l'on doit au talent de dessinateur et de coloriste de Manini. Que ce soit par le biais de tons bleus ou orangés, il retranscrit à merveille le goût de film noir associé à cette période. Par sa mise en page inventive qui use sans esbroufe de tous les codes de la bande dessinée, et des cases chargées en trait comme en couleurs, il immerge le lecteur dans un univers rempli de chapeaux mous et de cadavres en décomposition. Les personnages sont expressifs et typés, bien que leur
ressemblance amène parfois à les confondre un peu. On sent chez Manini l'influence des comics, dont il ne se cache pas puisqu'il revendique une attirance prononcée pour le travail de Joe Kubert.

Mais cette mise en image vivace et captivante a le revers de sa médaille : le scénario s'efface derrière le ressenti, et on peine à prendre du recul par rapport aux images. La complexité des évènements et le mystère qui les entoure fait qu'on se demande par moments de quoi parle vraiment l'histoire. On ne doute pas cependant que le deuxième tome vienne dissiper ces brumes ; tout juste peut-on regretter que le scénario se fasse oublier derrière le dessin pour cette entrée en matière. Mais l'album n'en est pas moins intéressant à découvrir, une perle noire qui sent le bayou et la poudre de sulfateuse...

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