7.5/10Natacha - Tomes 7 à 9

/ Critique - écrit par riffhifi, le 12/07/2009
Notre verdict : 7.5/10 - Hôtesse de l’air du temps (Ecrivez votre critique)

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Monna Lisa, une armée de robots... Natacha n'avait pas le temps de s'ennuyer à la fin des années 70. Tout juste celui d'émuler Rencontres du troisième type.

Arrivé au tome 7 des aventures de son hôtesse de l'air, François Walthéry
commence à craquer : des aventures d'espionnage plutôt classiques vues précédemment, il se met à bifurquer vers des eaux plus audacieuses comme la science-fiction ou la mise en abîme malicieuse. Album central de l'intégrale, ce troisième recueil intitulé Voyages à travers le temps sera suivi de Passeport pour l'enfer et Embarquements-surprises, ce qui devrait permettre aux fans de posséder la totalité des épisodes de Natacha sous ce format dès l'été 2010, avec les kilomètres de savoureux bonus que cela suppose (pages inédites, commentaires et infos de Walthéry lui-même...). Notez cependant que le prix est passé de 17 à 18 euros, les temps sont durs ma bonne dame. Ce qui reste moins cher que deux albums achetés séparément.

L'hôtesse et Monna Lisa + Natacha et les petits miquets (1977)

Le premier album est double. Il contient une première histoire située en 1929, qui met en scène une blonde Natacha sosie de celle que l'on connaît, et une deuxième située de nos jours, dans laquelle les auteurs du Journal de Spirou embarquent collégialement dans l'avion où officient Walter et Natacha. L'hôtesse et Monna Lisa offre un dépaysement certain, d'autant que Walthéry saisit l'opportunité de cette délocalisation temporelle pour représenter avions et trains d'époque ; l'intrigue, en revanche, est faite d'espionnage, de courses-poursuites et de fourbes crapules, ce qui en fait finalement l'épisode le plus conventionnel du recueil. Par ailleurs, on Mais... elle n'a pas besoin de bouée de sauvetage !
Mais... elle n'a pas besoin de bouée de sauvetage !
réalise après coup que la présence de la Joconde n'a pas d'autre intérêt dans l'histoire que de lui donner son nom, et que le tableau aurait aussi bien pu être un bouquet de tournesols peint par Van Gogh. Natacha et les petits miquets, de son côté, s'avère bien plus original : outre qu'il représente nommément les petits camarades de Walthéry (Victor Hubinon, Raoul Cauvin, Will, Franquin, Lambil - sous son nom de code de "Lampil"...), qu'il s'était occasionnellement amusé à glisser de façon détournée précédemment, il s'agit pour lui (et pour son coscénariste Mittéï) de réhabiliter son art trop souvent roulé dans la boue. Il est vrai qu'en 1977, la bande dessinée a déjà connue son émancipation via Pilote et la naissance de magazines comme l'Echo des Savanes et Fluide Glacial, mais la révolution dans le cadre "tout public" reste à faire, et le fameux « Trombone Illustré » qui émergera dans Spirou ne le fera qu'en 1978. Ici donc, Walter assume aux yeux de tous son fanatisme pour la bande dessinée, son goût pour la recherche de dédicaces, et sa vénération des "petits miquets" (expression trouvée par Walthéry en référence à la souris de Disney).

Instantanés pour Caltech (1979) + Les machines incertaines (1980)

Les tomes 8 et 9, quant à eux, constituent une seule et même histoire, coécrite par Etienne Borgers. Cette fois, on quitte les rivages du réalisme et de la comédie pour Spielberg à la caméra
Spielberg à la caméra
arpenter les chemins de la science-fiction qui fait mal : témoin de phénomènes inexpliqués, Walter va s'engouffrer dans une recherche de la vérité qui risque de faire très mal. Un an après la sortie du film Rencontres du 3ème type de Steven Spielberg, impossible de ne pas voir ici une tentative de recréer son climat de mystère et son final spectaculaire. La bonne nouvelle, c'est que ledit final se situe à la fin du tome 8, et débouche sur une histoire sans rapport avec les aliens de Spielberg, développée dans le tome 9. Brutale et rarement rigolote, l'histoire rappelle là aussi quelques classiques de SF, passés ou à venir... En tout cas, Les machines incertaines note un changement de ton certain dans la saga de Natacha (son personnage se trouve d'ailleurs ici un peu en retrait, au profit de Walter). Après tout, il n'y a pas de mal à varier les plaisirs, ce que Walthéry aime particulièrement faire. Il aime aussi Isaac Asimov, ce qu'on ne saurait lui reprocher !


Un peu moins de Natacha-personnage dans ce troisième volume de Natacha-saga, mais beaucoup plus de variété que dans le précédent. Et il reste quelques beaux voyages en perspective...

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