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7/10Nagarya

/ Critique - écrit par Maixent, le 30/10/2016
Notre verdict : 7/10 - Welcome to the jungle (Ecrivez votre critique)

Temps de lecture estimé de l'article : 3 minute(s) - laisser un commentaire

Voyage onirique et sexuel en terre inconnue

Nagarya. Un mot mystérieux dont on ne connaîtra que tard la signification. Entre onirisme et Paradis perdu (ou retrouvé ? ), Riverstone nous entraîne dans une réflexion étrange et mystique sur la nature de l’Homme, la technologie et la Beauté du monde.


Une nouvelle Eve très souple

 

Quatre rescapés d’une expédition se retrouvent sur un monde à priori désert, hanté par une végétation luxuriante et des créatures monstrueuses. Cet univers riche et foisonnant est véritablement le premier acteur de cet album. Des arbres et des plantes à perte de vue qui ramènent notre petit groupe à leur triste condition de faibles humains, perdus face à l’adversité et la majesté de leur environnement. Créatures fragiles et insignifiantes, contraintes de se mouvoir nues à cause de l’humidité étouffante, elles réapprennent les premiers pas de l’humanité selon une vision biblique. Anny Wellington, la psychologue de l’expédition est devenue la nouvelle Eve, figure intemporelle et immortelle, couvée par les trois hommes avec lesquels elle partage ce renouveau de l’humanité. Seul espoir de voir renaître une civilisation, elle est à la fois objet de désir et objet sacré. Dans tous les cas, elle est objet et cet état de fait insupportable ne pourra être enrayé que par la découverte d’une peuplade primitive où le schéma est inversé, un mâle dominant et une dizaine de femmes vivant à l’état de nature. Le récit bascule alors, inversant les rapports de force, d’autant qu’une mystérieuse cité du nom de Nagarya, berceau d’une ancienne civilisation avancée et employant une technologie dangereuse est évoquée. Une expédition se met alors en branle pour en savoir plus. Mais le lecteur tout comme les protagonistes resteront sur leur faim, le récit inachevé s’arrête aux portes de la cité.
Faire l'amour comme Tarzan

 

Œuvre mystique qui s’inscrit dans la continuité des autres récits érotiques de Riverstone comme Judith et Holophern qui reprenait cette histoire violente et cruelle de l’Ancien Testament, Nagarya peut être dérangeant justement pour cet aspect. Ces quatre survivants reflétant la condition humaine, leur parcours initiatique entrecoupé de dialogues philosophiques peut paraitre parfois abscons. Riverstone offre un récit contemplatif où tous ne sont que des survivants dans cet enfer vert tentant de conserver leur humanité en se demandant justement ce qu’est être humain. Libérés des entraves de la technologie, nos héros poursuivent une quête initiatique  où la femme garde le rôle central.


Au coeur de l'enfer vert

 

Tous sont jeunes , beaux et virils, élus  de Dieu,  investis d’une mission sacrée. D’ailleurs ils se prennent souvent un peu trop au sérieux. Fort heureusement, la narration est surpassée, et de loin, par un dessin somptueux, mettant en relief ces corps nus et magnifiés dans ce décor préhistorique. Les hanches et les seins des femmes sont lourds, avec des chevilles graciles et délicates tandis que les hommes, au torse puissant, arborent un sexe toujours dressé et gonflé de vie. Qui plus est, Riverstone se joue de l’anatomie, tordant les corps comme si tous étaient contorsionnistes de talent, offrant des angles de vue inédits conférant une dynamique à l’ensemble des planches, ce qui est renforcé par une technique mixte donnant ce style si reconnaissable au dessin.

Nagarya est donc plus un beau livre qu’une bande dessinée. On reste happé par la beauté des planches, moins par la profondeur du récit malgré l’idée classique mais intéressante de nouveau paradis. Il s’agit cependant d’un très bel album agrémenté d’un dossier de croquis qui s’inscrit parfaitement dans la volonté de Dynamite de mettre en avant et redonner de leur splendeur à des récits érotiques d’importance.

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