8/10Mysteries - Tome 1 - Seule contre la loi Première partie

/ Critique - écrit par iscarioth, le 25/06/2006
Notre verdict : 8/10 - Mystères et boule de gomme (Ecrivez votre critique)

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Mysteries remonte aux sources du polar et en tire finalement la sève dans une adaptation qui s'annonce comme très réussie.

Ni le titre ni la première de couverture de l'album ne sont mensongers. Mysteries, seule contre la loi est bien un album tout entier voué au mystère ; à sa mécanique et au suspense qui en découle.


A la base de l'histoire, une simple affaire : Valéria devient la femme d'Eustace Woodville. L'idylle semble parfaite jusqu'à la découverte d'un accroc : Eustace s'est marié sous un faux nom. Menant ses propres investigations sur son jeune mari, Valéria va de surprises en surprises, de mystère en mystère. L'album n'est vraiment pas de ceux qui distillent les habituels ingrédients d'un genre dans le but d'établir une nouvelle série convenue, prévisible mais à coup sûr vendable. Mysteries investit jusqu'à la moelle le genre policier, mais de la façon la plus pure qui soit. Le suspense va crescendo, les personnages gravitant autour de Valéria, héroïne transparente et assoiffée de vérité à qui il est facile de s'identifier, sont tous plus intrigants les uns que les autres. Le scénario excelle surtout dans le domaine de la thèse et de l'antithèse, encore une marque forte du genre policier. Tel acte contredit tel événement qui contredit telle réalité... L'histoire construite est une accumulation de faits et de contrefaits déroutants, un véritable casse-tête chinois qui laisse sur la touche tous les lecteurs, même les plus habitués au genre et qui interdit toute possibilité d'anticipation. Alors, Roger Seiter, le nouveau roi du policier ? Pas vraiment. Mysteries est en fait l'adaptation d'un très fameux roman anglais de la période victorienne : Seule contre la loi, de Wilkie Collins.

« Il fallait que je rencontrasse le major Fitz-David au plus vite ! »

A ce scénario source riche en éléments perturbants, articulé à la perfection, il faut rajouter de grandes qualités techniques. Les dialogues ont semble-t-il été très fidèlement retranscris. L'histoire racontée a été originellement écrite au 19ème siècle. Le vocabulaire et les formules sont tournés en conséquence. Dans Mysteries, l'enquête est provoquée comme un jeu. Valéria va de mystère en mystère et les éléments l'entourant l'encouragent sur cette voix. L'album est très dense et, après 48 pages parcourues, on a l'impression, rare sur une pagination aussi réduite, d'être arrivé à satiété. La réalisation graphique de Vincent Wagner épouse un certain classicisme très approprié au contenu tout en évitant la fadeur, avec un trait assez anguleux et stylisé (proche de ceux de Bonin et de Comès, mais moins déformant). La mise en cadre est posée, géométrique et organisée, tout comme les bulles, chargées mais mathématiquement disposées. Le plus réussi reste sans doute la coloration, avec une très forte dominante brune, des tons bordeaux, mauves.


Mysteries remonte aux sources du polar et en tire finalement la sève dans une adaptation qui s'annonce comme très réussie. Un indispensable pour les amateurs du genre noir.

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