9/10Muchacho - Tome 1

/ Critique - écrit par juro, le 01/08/2004
Notre verdict : 9/10 - Vaya con Dios (Ecrivez votre critique)

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Connaissez-vous le Nicaragua ? J'aurais pu vous dire que ce pays d'Amérique Centrale s'étend sur une surface de 120 254 km² pour une population de 4 238 000 habitants et ayant pour capitale Managua mais ce n'est pas le sujet... Historiquement, le pays a connu une époque contemporaine particulièrement sanglante en sortant d'une longue dictature. Pourtant, Emmanuel Lepage a trouvé le moyen d'en sortir un scénario prenant mettant aux prises un personnage tiraillé par un choix cornélien sur fonds de contexte politique extrêmement difficile sous le tire de Muchacho.

Apparition divine

En 1976, la dictature de Somoza ne laisse que peu de places à une quelconque expression de la population. La junte militaire est dure et traque tout les opposants au régime. Seul des privilégiés comme Gabriel de la Serna peuvent se permettre d'exercer leur art et en ce qui le concerne la peinture religieuse. Fils de bonne famille, rentré dans les Ordres, il a été appelé à peindre une fresque de la Passion dans le petit village reculé de San Juan. D'un côté, mal accueilli et surveillé par la population locale en raison de son statut familial et de l'autre préoccupé par le régime de terreur sévissant dans la région contraire à sa confession, Gabriel doit choisir son camp... rapidement. L'influence de celui qui s'est sacrifié sur la croix aura-t-elle plus de répercussion sur le héros que le poids des armes ?

Observé le jour, observateur la nuit, le personnage principal va faire preuve d'une profonde évolution. Jeune séminariste un peu coincé venant en milieu hostile, Gabriel va dévoiler ses mauvais côtés dans l'enceinte même de l'Eglise mais révéler d'autres talents que ceux qui lui ont été conférés.

Lepage au service du seigneur

Déjà auteur de parutions ayant pour sujet l'Amérique à tendance latine (America, Bresil), c'est pourtant la première fois qu'Emmanuel Lepage s'attaque seul à réaliser une bande dessinée en cumulant scénario et dessins. Et pour une première, c'est un coup de maître ! Ce qui saute aux yeux est avant tout cette humidité qui ressort sur le visage des personnages qui contribue à les rendre vivants. Transpirantes de vérité, les couleurs sont chaudes et diverses caressant les personnages le jour, en contraste avec ses nuits noires où seul l'éclairage artificiel permet de montrer un paysage mort. Quant au trait, il est somptueux, offrant des corps plus que jamais réalistes et animés d'une flamme et de même pour un remplissage impeccable.

En attendant le deuxième et dernier tome de Muchacho, Lepage signe une oeuvre qui mérite d'être vue pour le travail significatif de l'auteur qui prouve un talent qu'on demande à revoir très rapidement.

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