6/10Mossad opérations spéciales : pas de retraite pour les espions

/ Critique - écrit par athanagor, le 18/05/2011
Notre verdict : 6/10 - Mossad but true ? (Ecrivez votre critique)

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Avec une histoire politique complexe, les auteurs de cette BD tentent de rester dans les limites traditionnelles de leur média, perdant ainsi une bonne dose de crédibilité.

Sven Allen a quelques bons atouts en main, de ceux qui font généralement dire que ça va pour lui. Professeur à l’Institut des Sciences Politiques de Paris, il sort avec une jeune femme présentatrice vedette d’une émission télévisée qui le traîne dans des dîners richement pourvus, tant en victuailles qu’en convives intéressants. Ceci dit, contrairement à ce que son nom pourrait laisser à penser, il ne joue pas de guitare, mais occupe ses heures creuses en flânant dans son superbe duplex en feuilletant des revues de géopolitique. Pourtant, tout cela ne le mettra pas à l’abri de la semaine pourrie qui s’annonce pour lui. Alors qu’il croyait son fils étudiant en archéologie à Jérusalem, il va apprendre que ce dernier est un agent actif du Mossad, et qu’il vient d’être enlevé lors d’une opération de terrain dans les rues de La Valette. C’est pour cette raison que le Mossad a décidé de le réactiver, car Sven Allen est lui-même un ancien agent de l’organisation. Pour sauver son fils, une des clés semble se trouver dans les intentions réelles du conseiller diplomatique de l’Elysée. Ce dernier, en plein cœur d’un arrangement secret concernant un convoyage d’armes, s’est acoquiné avec la sœur d’un responsable militaire des chiites libanais. Et ce comportement est d’autant plus étrange que lui-même est
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également un ancien agent du Mossad. Décidément il en pousse… mais dans quel sens ?

Avec une histoire assez compliquée, déjà du fait de ses éléments de départ, Bartoll et Rovero nous font faire le grand écart entre la France et le Moyen Orient, pour suivre trois histoires parallèles qui, bien que clairement reliées entre elles, n’en laissent pas moins une impression confuse. Évidemment, la première raison à cela réside dans l’intrigue politique qui sous-tend l’histoire et qui dévoile une opération bien ficelée mais complexe. Et le choix adopté pour la narration fait que l’ouvrage oscille entre le clair et l’obscur, en tentant de clarifier le propos pour le lecteur non initié et simple amateur de BD, sans oublier ceux qui s’y entendent vraiment.

De cette volonté naissent des oppositions, tant dans le fond que dans la forme, qui finissent, au mieux par gêner la fluidité de la lecture, et au pire par faire douter du sérieux du propos. Ainsi, on aura d’un côté des scènes d’action pétaradante, où des terroristes syriens qui ressemblent à Marek Halter éliminent des cibles avec fracas, en plein milieu de capitales européennes où, bizarrement, les habitants ne semblent se rendre compte de rien. En face de ces moments, de longues discussions assez peu naturelles installent le lecteur dans les détails de l’opération politique. Il devra alors, sous peine d’en rater la moitié, se redresser sur son siège.
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Dans la même veine, l’ouverture de la BD, où deux étudiantes de Sciences Po (dont on voit littéralement les fesses) tiennent une conversation mièvre, dénote étrangement avec le sérieux de l’ensemble. Pareillement, beaucoup de dialogues sont remplis d’expressions caricaturales, dignes du Gang Mazda, tranchant cruellement avec l’impression de réalisme que cherche à installer l’intrigue. Dans cette alternance, arrive un moment où on ne sait plus très bien comment lire l’album et où on décide de se laisser porter simplement. Le risque sera alors de sauter une page sans s’en rendre compte (véridique) et de lâcher trop de prise pour bien appréhender l’histoire.

Pourtant, malgré cette complexité et la confusion qui en résulte, quelque chose titille. Dans ce contexte identifiable, où même les réunions secrètes nous semblent familières, on se demande parfois si des éléments relèvent seulement de l’imagination des auteurs. Il y a, dans cet ensemble, le sentiment d’avoir surpris les bonnes conversations, offrant un éclairage sur des événements qui auraient dû se produire, et faire alors énormément de bruit. Bien que cette impression ne suffise pas à tenir tout l’album, elle parvient néanmoins à faire naître ce petit doute qui oblige à s’en souvenir.

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