5/10Les Mondes d'Aldébaran - Cycle 3 : Antarès - Épisode 1

/ Critique - écrit par iscarioth, le 09/05/2007
Notre verdict : 5/10 - Périclite (Ecrivez votre critique)

Temps de lecture estimé de l'article : 3 minute(s) - 1 réaction

On ne pressent rien de folichon pour ce troisième cycle. La qualité continue de décliner, mais la franchise semble toujours bien se vendre... On relira Aldébaran pour se consoler.

On aurait aimé se souvenir de Leo simplement comme l'auteur du fabuleux chef d'oeuvre Aldébaran. Retenir l'univers du créateur comme une oeuvre, pas comme une rengaine qui périclite, de composition en composition. Si Aldébaran s'est hissé au niveau d'oeuvre incontournable du neuvième art, si, à la suite, Bételgeuse s'est révélé très moyen, Antarès s'annonce presque mauvais.

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La recette ne change pas. Troisième cycle, troisième planète mystérieuse à explorer et pourquoi pas à coloniser. Kim, l'héroïne des deux premiers cycles, telle une Ripley de la bande dessinée, est courtisée pour effectuer un nouveau voyage de colonisation, à peine arrivée sur terre. Leo nous montre un Paris du futur dévasté par un drame écologique de grande ampleur. Air irrespirable, dérèglement climatique, paupérisation de la biodiversité animale et végétale... Le constat est grave, mais le ton naïf. Leo insiste de manière très démonstrative, voire carrément didactique sur le désastre écologique qu'il met en image. A certains moments, on qualifierait plus volontiers ce premier album d'Antarès comme un drame pédagogique à destination des plus jeunes qu'un véritable récit de science-fiction. On connaissait l'écriture prolixe de Leo, qui était avec Aldébaran au service de profils psychologiques fouillés. Ici, le caractère explicatif des dialogues peut agacer plus profondément, tant chacun des acteurs expose démesurément situations et contextes.

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On nous parle de magouilles politico-religieuses, du désastre écologique et même de l'excessive télévision, avec l'intervention de Kim dans un talk show où l'antipathique intervieweur ne lui laisse finir aucune de ses phrases (MOF ?). Les mécanismes de l'intrigue sont communs. On pense parfois à un ersatz d'Aquablue (et pas forcément le premier cycle), tant la morale finale de l'histoire se laisse deviner et tant les excès humains sont critiqués de manière balourde. Les dialogues, dont l'épaisseur faisait celle des personnages autrefois, sont ici ressentis comme d'interminables tergiversations, de lentes coulées vers un cheminement scénaristique pauvre en surprises. Kim, hésite à accepter la mission proposée (un certain John eut prétexté que ce n'était pas sa guerre), mais on sait pertinemment que la chose se fera... D'où la fatigue. Mais ne noircissons pas le tableau au-delà des réalités. On reconnaît toujours à Leo un très grand talent dans la création de son bestiaire et les mystères de la planète Antarès, où se déroulent des phénomènes inexpliqués, donnent matière à captiver. Ce nouveau cycle présente un futur moins fantasmé et anachronique que dans Aldébaran (mélange des codes primitifs et futuristes). On pense parfois à Beatifica Blues, tant les codes employés sont rétro-futuristes, sincèrement, plus « kitsch » que réellement post-apocalyptiques.


On ne pressent rien de folichon pour ce troisième cycle. La qualité continue de décliner, mais la franchise semble toujours bien se vendre... On relira Aldébaran pour se consoler.

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