7.5/10Mirror's Edge - Tome 1

/ Critique - écrit par athanagor, le 07/11/2009
Notre verdict : 7.5/10 - Histoire de Faith (Ecrivez votre critique)

Temps de lecture estimé de l'article : 4 minute(s) - laisser un commentaire

Adaptation en comics d'un jeu connu pour ses passages en vue subjective, cet ouvrage étaie un peu son propos et se résout dans une très bonne lecture.

Faith est une voleuse qui a plutôt tendance à ne pas se laisser faire, quand bien même elle serait prise sur le fait par un gros balèze. Mais, quand ce cas de figure précis se présente, la chance veut que ledit gros balèze (qui n'est pas si gros que ça en fait), plutôt que de lui démonter le clavier à ratiche, décide devant tant d'énergie et d'engagement, de la prendre sous son aile pour lui apprendre son métier : coursier (ou Runner, comme on dit dans le new-yorkois). Alors dit comme ça, ça n'a pas l'air très palpitant, en effet. Et puis l'apprentissage pour être coursier,
à priori, c'est assez rapide et normalement torché en trois cases. Pourtant, il ne s'agit pas de simplement livrer des lettres dans tel ou tel immeuble. Premièrement les clients tiennent à garder leurs échanges discrets, car il s'agit le plus souvent de colis illégaux. Et quand ce n'est pas le cas, ces colis sont convoités par des mains malhonnêtes. Deuxièmement, la ville qui sert de théâtre à ces courses est une ville quadrillée par des patrouilles de policiers ou de milices privées. Et quand ce ne sont pas des agents qui patrouillent, les caméras, omniprésentes, prennent le relais. Ainsi, ces livraisons semi-légales et risquées s'opèrent le plus souvent par le biais de parcours en hauteur, sur les toits, ou de fenêtres en fenêtres, obligeant les coursiers à des prouesses acrobatiques. C'est pour ce genre de livraison qu'il faut de l'entraînement, et plus tard, si possible, du style.

Voici le premier réflexe face à l'ouvrage : encore une BD pompée sur un jeu, écrite par des binocleux enrageant de la prolifération des caméras de surveillance, qui ne savent s'inspirer que de ce thème de l'omniprésence de la sûreté, pour vendre du comics alarmiste sur les dérives totalitaires de nos sociétés. Ces mêmes binocleux qui la ramènent un ton moins fort après s'être fait cambrioler leur PS3, alors qu'ils étaient sortis faire la queue toute la nuit pour être les premiers à acheter une extension de WOW. Possible. Mais après tout, on n'en sait rien. Et quand bien même, rien ne l'interdit. Rien n'interdit non plus que la BD s'inspire d'un jeu vidéo, comme elle le fait parfois d'un roman ou d'une série télé. Et entre nous, c'est tant mieux.

Il est en effet heureux que ces binocleux (ou pas) aient pris sur eux d'adapter un jeu en BD, et surtout ici, car le réflexe décrit plus haut ne résiste pas aux 6 premières pages. Inconsciemment, on finit par se foutre royalement des considérations creuses qu'on avait pu élaborer sur les auteurs, pour se laisser emporter par le rythme de l'ouvrage. Avec simplicité et fluidité, les évènements s'enchaînent, épaulés par des textes limpides qui renforcent autant qu'ils développent les actions illustrées qu'ils accompagnent. Pourtant, un feuilletage rapide de l'ouvrage laisse, même après la lecture, voir le pire, et on croit avoir mal lu. Le fait est que le dessin n'a rien de surprenant, ni d'original. Dans une veine comics qui finit par avoir, aux yeux du néophyte,
autant de nuance que le manga, les personnages ont des gueules déjà vues, dans un environnement commun, très simplement desservi par une colorisation académique et plate, qui n'apporte rien de plus.

Mais voilà, on lit quand même avec une certaine avidité cette histoire, qui elle non plus n'a rien d'exceptionnelle, et c'est bien alors la façon rationnelle d'exposer les scènes qui s'avère être l'élément primordiale. Pas de coq à l'âne étrange qui force à revenir en arrière pour vérifier la numérotation des pages. Pas de dialogue tronqué, qu'on espère être suffisamment suppléé par un trait de crayon (qui neuf fois sur dix n'est visible que pour les auteurs). Pas de mystère pourri qui sera intégralement expliqué à la va-vite, dans la toute dernière partie du tome 9 (qui est généralement le dernier de la série). Non. Clair, limpide, posé. En somme, les auteurs utilisent des vieilles ficelles narratives, et devinez quoi !? Ca marche : on lit le livre ; on ferme le livre ; on attend le suivant.

Grâce à ce rythme, pourtant en décalage avec un sujet survolté, les auteurs parviennent, comme pour un exposé ou une communication scientifique (ouais...en fait, ça doit être des binocleux...) à guider le lecteur, qui n'en demande généralement pas plus. L'histoire racontée calmement et clairement, n'omettant pas de développer des éléments survenant au cœur même de l'action, permet aux auteurs de garder le petit lecteur tout tremblotant sous leurs bras, en lui montrant avec tendresse et simplicité ce qui est en train de se passer. Ainsi, en prenant le temps (mais pas trop non plus) de présenter les faits et, surtout, les personnages, ils nous familiarisent avec l'ensemble, et on finit par l'adopter de bon cœur pour une lecture dont on attendra la suite.

A découvrir
V pour Vendetta
V pour Vendetta
Les Formidables aventures de Lapinot - Tomes 1, 2, 3, 4 et 6
Les Formidables aventures de Lapinot - Tomes 1, 2, 3, 4 et 6
Joe Bar Team
Joe Bar Team