4/10Mimi Stinguette (au naturel)

/ Critique - écrit par hiddenplace, le 11/10/2011
Notre verdict : 4/10 - Mon royaume pour un escarpin (Ecrivez votre critique)

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Un nouvel album dans le très "à la mode" genre de la BD girly, édité chez La boîte à bulles n'arrive pas à se démarquer de la masse. Dommage.

Depuis quelques années, et plus précisément depuis l’édition sur papier de certains blogs BD réalisés par des filles (Pénélope Bagieu, Margaux Motin pour citer les plus en vogue), il s'est créé dans le neuvième art un genre qui a trouvé son public assez rapidement grâce à son fort capital d’identification : la BD « girly »… en quelques sortes le pendant séquentiel de la fameuse « Chick Lit ». En général les albums appartenant à cette catégorie relatent des faits du quotidien, plus ou moins autobiographiques, ou en tout cas librement inspirés de l’expérience de leur auteure. Jusque là, rien de bien répréhensible, on a souvent noté que les récits du quotidien pouvaient être un support d’autodérision, d’une certaine dose de sympathie, voire de tendresse ou de nostalgie pour certains d’entre eux. Mais là où le bas blesse, c’est que la catégorie « quotidien de fille » dans beaucoup de ces BD « girly » semble - comme l’appellation péjorative le présage - inscrite dans une sorte de moule empreint de clichés dont on pouvait sourire au début, mais dont on peut sérieusement se lasser aujourd’hui (la multiplication de ce genre d’ouvrages n’aidant pas).

Mimi Stinguette (au naturel)
Mis en images et en mots par Myriam Rak, Mimi Stinguette (au naturel) appartient, sans conteste, à ce genre où le stéréotype de la jeune citadine ne peut s’empêcher de faire chauffer sa carte bleue pour ajouter une énième paire de chaussures à sa collection déjà conséquente. L’aspect superficiel et anecdotique est ici aussi pleinement assumé, certes. Quelques planches font esquisser un rictus lorsque l’on reconnaît un de ces travers qui peuvent consteller une vie de tous les jours - essentiellement celle des accros du shopping, des régimes, et de la salle de sport, cela dit. Mais dans l’ensemble, l’impression qui domine une fois la dernière page tournée, c’est un déjà-vu un peu trop convenu voire légèrement énervant. Même sur le ton de l’ironie, difficile de valider (même en s’y reconnaissant parfois) ce cliché féminin victime de compulsion consumériste et obsédé par sa silhouette.

 


Mimi Stinguette (au naturel)
Outre la thématique malheureusement peu originale, Mimi Stinguette peine à se distinguer dans son genre. Ni son graphisme, souvent maladroit et monotone dans les postures du personnage et les mises en page, ni sa colorisation au feutre donnant un aspect peu abouti, ni son écriture hélas un peu trop orale (figurée par une typographie manquant d’unité) ne marquent vraiment. On imagine que le parti pris d’un trait rapide et « enlevé » est à la base délibéré, façon dessin de presse ou billet d’humeur illustré comme c’est souvent le cas dans les BD du genre ; mais l’ensemble manque beaucoup trop de force pour relever le sujet devenu « fleuve » actuellement.

 

Noyé au milieu de ses congénères du genre, l’album de Myriam Rak trouve difficilement sa place. Quelques anecdotes pourront venir s’insérer dans la liste des nombreux travers que la lectrice (et peut-être le lecteur) s’efforce de dissimuler à la face du monde, on sourit parfois en pensant à la futilité de certaines situations. L’identification, ambition avouée de Mimi Stinguette, sait parfois être efficace dans certaines planches et toucher sa cible… mais alourdie par un graphisme peu convaincant, la saveur générale est trop caricaturale et déjà-vu pour qu’on s’y attache vraiment, hélas.

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