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7.5/10Melonie Sweet

/ Critique - écrit par Maixent, le 09/03/2011
Notre verdict : 7.5/10 - Bananas, melonas, yeah... It's a hot hot summer love... (Ecrivez votre critique)

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Une bd qui ne se prend pas au sérieux pour les geeks amateurs de gros seins qui débordent. Que du plaisir sans prise de tête avec la qualité en plus.

Dans les films de King Kong, les héroïnes sont le plus souvent blondes, évanescentes, soumises à ce grand singe dominant et machiste, quintessence de la virilité à l’Américaine. On pensera à Fay Wray, son maniérisme et sa coupe années 30 et plus tard Naomi Watts, dont le personnage est travaillé sur le même modèle. En tout cas, une chose est certaine, elles n’incarnent pas vraiment le fantasme de la femme fatale et sûre d’elle.

Le Paradis des Fruits
Melonie Sweet, si elle vit des aventures à peu près semblables sur Skull Island arbore une longue chevelure noire, une bouche pulpeuse, une tenue proche de celle de Lara Croft, et surtout une paire de seins faisant passer Lolo Ferrari pour une planche à pain prépubère. La trame narrative reste donc à peu près la même que dans les films. Un groupe d’explorateurs mercenaires à la recherche d’or se retrouve sur une île non répertoriée  puis est confronté à une tribu primitive caricaturale avec os dans le nez et plumes dans le cul. Bien sûr, la jeune occidentale se verra sacrifiée à une divinité monstrueuse, attachée langoureusement dans l’attente d’être dévorée, mais c’est sans compter sur le charme de la demoiselle qui saura dompter l’animal sauvage. Ici, on trouvera en plus un dinosaure un peu con bien loin des créatures sordides de Peter Jackson, des fouiks, sorte de bites volantes qu’affectionne particulièrement l’auteur et des pastèques.
Avec cette première parution, Filobédo est déjà dans la démesure et l’humour que l’on retrouvera par la suite dans le Diable par la Queue. Il ne faut pas s’attendre à un érotisme subtil et chiant mais plutôt à des parties de jambe en l’air décontractées placées sous le signe de la bonne humeur. Melonie Sweet est une héroïne sans tabous qui vit sa sexualité librement, assouvissant ses nombreuses envies au fil des pages sans toutefois faire fi des sentiments. Elle répondrait « oui » sans hésiter à la question que se posait Maïa Mazaurette dans son ouvrage, Peut-on être romantique en levrette ?
L’effet comique à plusieurs origines. On le trouve dans le dessin cartoonesque,
Melonie face à Monstre
les situations improbables, les disproportions entre les personnages, mais aussi les onomatopées comme « SSpffouit », « Oouwaaouii » ou « Ploop » (le lecteur imaginera ce qu’il voudra en rapport à ces bruits étranges) et les dialogues crus et faussement naïfs assumés de bout en bout.
Melonie est nue la plupart du temps, mais ce n’est pas vraiment sa faute, ses vêtements rétrécissent lors de son bain dès la deuxième page. En effet, l’auteur prend soin de toujours trouver une explication logique aux agissements de ses personnages et confère ainsi à l’album une certaine cohérence même si tout ceci est assez improbable.
Ce premier album a cependant quelques faiblesses. On sent que Filobédo ne se lâche pas encore complètement au niveau des situations, de même dans le dessin qui est moins abouti et recherché que dans le Diable par la Queue. Il n’en reste pas moins un excellent ouvrage décomplexé faisant la part belle à la parodie grivoise sans jamais sombrer dans la vulgarité facile malgré des scènes très hard.

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