7.5/10Megaron - Tome 1 - Le mage exilé

/ Critique - écrit par riffhifi, le 26/09/2007
Notre verdict : 7.5/10 - De l’heroic fantasy qui ne tourne pas méga-ron (et tant mieux) (Ecrivez votre critique)

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Pour un premier tome, Le mage exilé est une bien belle surprise, qui ne se contente pas d'exposer mollement les personnages mais installe bel et bien un univers riche et attirant.

L'heroic fantasy est un genre très prisé en bande dessinée. Les princes, les princesses, les montres et les allumettes (ah non, pardon, les monstres et les amulettes) peuplent ces mondes parallèles et médiévaux régis par des règles assez connues qui confinent parfois au cliché. Ici, les règles sont suivies mais les clichés joyeusement violés.

Meganon
Méganon
Jason est un chasseur de primes honnête, invulnérable (grâce à son allumette - ah non merde, enfin vous voyez quoi) et beau (provisoirement). Chargé par le roi de libérer sa fille Tamina, il découvre que celle-ci est amoureuse d'un homme-cochon extrêmement balèze qui n'aime pas qu'on lui marche sur les arpions : le Megaron (affectueusement surnommé Ronnie). Le roi décide de soumettre l'homme et le cochon à un concours dont le prix est la main de Tamina. Il s'agit de retrouver une espèce extrêmement rare de mouche ; inutile de dire que le chemin sera semé d'embûches...

Si le scénariste Mathieu Sapin est un gaillard qui aime se frotter à différents styles, le dessinateur Patrick Pion est encore plus surprenant : auteur complet de la série de SF ultra-léchée Chrome, il est également au bout du crayon de L'extravagant Monsieur Pimus, un album au style résolument comique. Et ici ? Ici, il mixe les tons avec bonheur, alternant sans ménagement les dessins limite burlesques (page 12, la torgnole dans le museau de Jason) et les images au ton sérieux, voire solennel (la mort du grand-père page 13). De surcroît, si Pion est généreux en opulentes poitrines féminines et larges gerbes de sang, il n'en use qu'à bon escient, et pas avec une complaisance putassière. Si le style peut parfois sembler manquer de soin, il a au moins l'avantage d'être spontané, et d'exprimer avec enthousiasme un imaginaire foisonnant qui sert le récit.
Megacons
Mégacons
Celui-ci, d'ailleurs, sillonne les chemins de l'heroic fantasy avec une distance amusée : le héros est un monstre rustre et misogyne, le beau gosse est un frimeur qui troque bien vite son minois contre une tronche de limace écrasée... L'introduction de certains éléments est carrément déroutante, comme le personnage saugrenu de Crispin le petit bonhomme en sucre ! Mais l'ensemble tient la route de manière étonnante, et ne vire jamais à la parodie grossière. Ronnie et Jason développent une relation plus complexe qu'on aurait pu le croire, et le personnage de Tamina, bien qu'enfermé dans son rôle de princesse-victime, est doté d'une certaine épaisseur, qu'on espère voir développée dans les suites à venir.

Pour un premier tome, Le mage exilé est une bien belle surprise, qui ne se contente pas d'exposer mollement les personnages mais installe bel et bien un univers riche et attirant. La cocasserie occasionnelle du récit et des dessins ne gâte rien. Du coup, on attend de pied ferme la suite, intitulée L'antistase de l'héritier...

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