8/10Mégabras

/ Critique - écrit par Maixent, le 28/11/2012
Notre verdict : 8/10 - Mégabon (Ecrivez votre critique)

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Guillaume Bouzard et les super-héros, c’est une histoire qui dure depuis plusieurs années. Creusant sa veine narrative en ce sens, le dessin s’est étoffé, les scénarii sont plus poussés et c’est ainsi que nous sommes arrivés de Plageman à Mégabras en passant par une autobiographie délirante et divers travaux reconnaissables par un style personnel.

Ici le héros est doté d’un super-pouvoir à la con, plus contraignant qu’autre
Mégabras versus Superglinglin
chose. Sous l’effet de la colère, son bras devient gigantesque, il se met alors à vociférer des insanités et à casser la gueule à quiconque passe à portée. Dans cet album, nous suivons le cheminement classique du super-héros. Cette sorte de demi-Hulk, va découvrir ses pouvoirs, essayer de les maîtriser, se dire qu’un grand pouvoir implique de grandes responsabilités et autres fadaises, se trouver un sidekick, dénicher un costume. Bref, si on n’était pas dans un album de Bouzard, on pourrait se croire confronté à n’importe quel héros Marvel mais c’est sans compter sans l’humour subtil et fracassant de l’auteur.

Sans se vouloir offensant vis-à-vis des super héros connus, Mégabras n’est pas vraiment un modèle. Plus porté sur le confort et enchaînant les erreurs,
Crise existentielle pour Mégabras
il ne s’en sort que grâce à la chance du débutant et s’il intègre le célèbre institut Sin Tsu Laoli, destiné à former les jeunes possédant un talent extraordinaire à l’instar de celui du professeur Xavier, ce n’est qu’une erreur de casting. De plus, on se rend compte au fil de l’album que chaque pouvoir à son pendant, déstructurant le métabolisme des personnes, il les pousse à accomplir des actes de nature sexuelle que la morale réprouve, à moins que tout ceci n’est rien à voir mais ce n'est que pure spéculation. Ainsi, Mégabras, depuis l’apparition de son pouvoir nourri un certain désir pour la mère de son sidekick et plus particulièrement ses sous-vêtements. Mais n’allons pas décrier un super-héros qui, s’il est incompétent n’en reste pas moins bourré de bonne volonté et de barres chocolatées.

Mégabras c’est un peu le Superdupont moderne. Un brin décalé, pas sexy
Mégabras s'en va Fluncher
pour un sous mais persuadé du contraire, et faisant toujours plus de mal que de bien malgré tous ses efforts. Mais avec quelques années de décalage, Mégabras est plus séduisant pour une génération plus jeune, qui a bien intégré les codes des Comics, pouvant se gausser de rebondissements prévisibles mais attendus avec plaisir. Si Bouzard ne fait pas référence explicitement à la pop culture, il en utilise les codes avec brio, que ce soit dans le schéma narratif avec ce qu’il faut de séduction féminine, de flash-backs et de moments de grandes décisions face à l’adversité ou  encore dans l’humour légèrement scabreux. On se sent donc en confiance, suivant un chemin balisé, mais toujours surpris par un détournement subtil des réalités. De même la répétition des cases toujours de la même taille et un dessin proche du fanzine bien français nous éloigne des planches enchevêtrées et des graphismes exagérés des Comics et nous conforte dans notre lecture.

Bouzard nous entraîne à la suite de son héros dont le goût vestimentaire est à rapprocher à la fois de Kick-Ass et de Superman en toute confiance et l’on prend un réel plaisir à suivre les tribulations (ou l’absence de celles-ci) de Mégabras, héros malgré lui d’une petite ville de province, bien loin des fastes d’Iron Man mais plus proche de notre réalité.

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