8.5/10Mediacop - intégrale Reality Show

/ Critique - écrit par plienard, le 19/03/2011
Notre verdict : 8.5/10 - La réalité fait son show (Ecrivez votre critique)

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Mediacop est une société à caractère lucratif. Tous les moyens sont bons pour faire du profit. Même tromper le téléspectateur. Un sérial-killer, un groupe terroriste, Gullick, le PDG, se sert de ses deux policiers vedettes, Norman et Oshi, pour avoir de plus en plus d’abonnés.

Les éditions Dargaud rééditent l’intégrale de la série Réality show de JD Morvan et Francis Porcel sous le nouveau titre Mediacop.


La "jolie" Oshi.
L’ouvrage contient les cinq albums traitant deux cycles distincts. Le premier, contenant les trois premiers albums, raconte l’histoire d’Oshi Feal, jeune élève de l’école de police  qui va postuler pour remplacer le partenaire mort de Norman K Barron, célèbre policier de Mediacop. Et si devenir une star de la télévision en arrêtant les truands paie mieux que d’être fonctionnaire de police, l’envers de la médaille peut être difficile à assumer. Car la réalité n’est pas forcément celle que l’on voit à la télévision. Dans le second cycle, Oshi est en passe de devenir la star numéro 1 du programme Mediacop. C’est en tout cas ce que le dirigeant Gullick prédit. Pour l’instant, l’heure est aux vacances, incognito et à Grenade. Drôle d’endroit pour la toute nouvelle star de la télé car celui-ci est en proie à d’affreux attentats terroristes par le groupe reconquista depuis que la ville a élu un maire musulman.

Littéralement, on pourrait traduire Mediacop par la police médiatique. Dans un futur proche, c’est en tout cas une société privée médiatique qui retransmet en direct les arrestations musclées par son policer star Noram K Barron. On peut y voir clairement, une critique violente du monde des médias, et de la télévision en particulier avec ses programmes poubelles de téléréalité.
Un serial-killer en plein doute.
Car en parallèle des intrigues policières avec le tueur en série dans le premier cycle, et l’enlèvement de la fille du maire de Grenade dans le second, il y a quand même une diatribe assez dure contre le média télévision. Clairement, il ne sert qu’à faire des bénéfices et tous les moyens sont bons. Dans la première partie, les auteurs joueront sur les conséquences de ces agissements sur les acteurs principaux, Norman et Oshi, qui perdent leurs amis. Dans la seconde partie, Morvan est plus nuancé mais nous montre au travers du monologue de Gullick la manipulation de ce média et de son importance sur les masses. Entre e-robot et Matrix, les auteurs nous concoctent une série futuriste des plus intenses. Le côté pessimiste de Morvan ressurgit encore une fois dans ces récits avec Gullick, cynique à souhait, capable de tirer toujours le négatif (positif pour lui) des choses.

On précisera que même si, au final, les intrigues restent secondaires, elles sont particulièrement bien traitées et bien mises en valeur par le dessin.
Grenade va bientôt faire boum !.
Si le début est un peu décevant, avec une héroïne un peu brute de décoffrage, sans réels charmes, c’est sans nul doute voulu. Car dès qu’elle fait partie de Médiacop, tout de suite, elle devient plus sexy, plus jolie. Cependant, on sent que, graphiquement, Francis Porcel s’améliore après le premier album. On voit une meilleure maîtrise dans ses personnages. Un satisfecit tout particulier pour le serial-killer réellement inquiétant.

Ce qu’il y a de bien avec JD Morvan, c’est sa propension à ne jamais nous décevoir. Il utilise pourtant des thèmes qui lui sont chers comme l’impact négatif de l’homme sur lui-même et son environnement, la critique de la société, une héroïne intègre, mais il arrive toujours à ne pas se répéter. Il a aussi le talent, ou la chance, de s’entourer de bons dessinateurs.

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