6.5/10Matière fantôme - Tome 3 - Delta

/ Critique - écrit par riffhifi, le 09/03/2008
Notre verdict : 6.5/10 - Une bd space (Ecrivez votre critique)

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Dernier volet de la trilogie, qui clôt le cycle avec cohérence mais souffre des mêmes défauts que les deux précédents tomes. Un titre courageux mais pas entièrement convaincant.

Savoir pourquoi le troisième tome est intitulé Delta et pas Gamma (ou à la rigueur, Omega) n'est que la première des questions que suscite la lecture de cet album. En l'occurrence (il faut le savoir), alpha, bêta et delta sont les dénominations de trois types d'onde émises par le cerveau. Entamée en 2006, l'étrange trilogie de Douay et Fléchard trouve aujourd'hui sa conclusion en forme de fin de cycle. Déroutant et ambitieux, mais pas véritablement enthousiasmant.

Après avoir montré l'origine de l'humanité, puis ses déboires, les auteurs en dépeignent ici la fin. Ou plus exactement la fin annoncée, puisqu'une expédition est envoyée vers la Planète X en vue de la rendre habitable par l'espèce humaine. Pas de chance, la mission est perturbée par une mystérieuse épidémie qui zombifie les membres du vaisseau...


Comme ses deux prédécesseurs, Delta jouit d'un scénario intrigant mêlant science-fiction et métaphysique, et boucle son histoire de l'humanité à travers l'évocation d'un monde cohérent et crédible. Mais de la même manière, on reste un peu à la porte du récit. Les personnages principaux Dan et Heyr Holm, bien qu'intéressants et intelligemment construits, ne parviennent jamais à être réellement attachants. Le monde décrit est trop froid et impersonnel, trop loin de notre réalité pour éveiller les sentiments du lecteur. Et le dessin trop sage de Stéphane Douay ne favorise pas non plus l'immersion dans l'histoire, sauf aux moments de pics émotionnels ou narratifs. On regrettera par exemple de ne pas trouver plus d'audaces formelles comme l'invasion de l'esprit du personnage en page 54, ou même le découpage en larges bandes des pages 42-43 qui laissent une part égale au texte et à l'image.

L'un des points forts de ces trois albums, néanmoins, réside dans l'ouverture des
interprétations qu'il est possible d'en faire. Jonchés de pistes abstraites, d'éléments étranges qu'il est possible de recouper à volonté, ils laissent le champ libre à l'imagination et au débat (peut-être trop, d'ailleurs). Les couvertures elles-mêmes permettent de s'interroger : toutes trois sont quasiment symétriques, et présentent une ouverture au même endroit : noire dans un milieu noir pour le premier tome, clair dans un milieu noir pour le deuxième, noir dans un milieu clair pour ce dernier tome...

Les auteurs revendiquent la filiation de Matière fantôme avec la science-fiction existentialiste de 2001 l'odyssée de l'espace ou de Solaris ; bien que la parenté soit incontestable, on pourra préférer l'approche plus prenante visuellement et la narration plus efficace du Complexe du chimpanzé, dont le deuxième tome vient de sortir.

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