7/10La Mano - Tome 1 - Montefiorino

/ Critique - écrit par plienard, le 21/03/2011
Notre verdict : 7/10 - Le club des cinq (Ecrivez votre critique)

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Cinq amis de Montéfiorino se trouvent embarqués dans l'action révolutionnaire par leur meneur Aristofane. C'est quand le mouvement va se radicaliser que les tensions vont apparaître.

Nous sommes à Paris, en 2010, dans un centre hospitalier. Le docteur Sandro Bianchi accueille une vieille patiente dont les douloureux souvenirs ont été ravivés par les informations télévisuelles : la mort de son fils il y a quelques années dans un attentat en Italie. Mais ce qu'elle ne sait pas, c'est que cela rappelle aussi des souvenirs à son docteur. 45 ans plus tôt, lui et ses quatre amis ont créé un groupe d'extrême-gauche, la mano. Et c'est son récit que l'on va suivre.

Mano (La) - Tome 1 - Montefiorino
5 amis unis ?
Les auteurs débutent l'histoire par un avertissement. L'album est une fiction et la Mano n'a jamais existé. Il ne faut pas non plus s'attendre au récit d'une épopée d'un groupe terroriste. L'histoire est bien celle d'un groupe d'amis, avec des idéaux et dont la volonté de les mettre en pratique est différente. Il y a Aristofane l'idéaliste et le meneur qui veut passer à l'action. Piero et Dina, le couple, communistes convaincus mais dont l'engagement est différent. Raffaella, plus engagée dans l'amour qu'elle porte à Aristofane et à son physique plutôt que par son engagement politique. Et Sandro, le bon gros copain, plongé dans ses études de médecine et secrètement amoureux de Raffaella. Chacun est évidemment contre l'injustice et le fascisme, mais les moyens de lutte sont hétérogènes. Il faudra toute la duplicité d'Aristofane pour emmener ses amis sur la voie du terrorisme.

Si les auteurs, Philippe Thirault au scénario et Alberto Pagliaro au dessin racontent une histoire fictive, le dossier placé à la fin de l’album ne laisse aucun doute. Ils tirent leurs inspirations des années de plomb en Italie et des événements concernant les brigades rouges.  Le groupuscule d’extrême gauche a officié de 1969 à 1988  avec plus de 400 assassinats et 15000 attentats ou actions révolutionnaires. On rappellera aussi que certains membres sont venus trouvés refuge en France, notamment lors de la présidence de François Mitterrand, afin d’éviter toutes représailles par le gouvernement italien (ces membres n’ayant pas commis de crimes de sang).

Mano (La) - Tome 1 - Montefiorino
DR.
Si on connaît Philippe Thirault pour ses séries comme Lucy, O’Boys ou encore Mille visages, Alberto Pagliaro nous est plus inconnu dans l’hexagone. On le découvre donc ici avec ce style rappelant les triplettes de Belleville par sa couleur et son graphisme. Les visages sont fins et acérés, les corps sont anguleux. Une certaine nostalgie, une ambiance particulière est rendue par la couleur délavée, avec beaucoup de teintes marron et chaudes qui identifient une époque ancienne et italienne. Par contre, on regrettera ce côté mou, qui ne met pas en valeur les scènes d’action et atténue la tension ce qui est un peu gênant pour un groupe qui se veut activiste.

Un sujet pas vraiment traité en bande dessinée, les années de plomb italiennes, permettent aux auteurs de nous raconter l’histoire de cinq amis que les circonstances et les événements vont séparer. Le récit est prévu en trois tomes.

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