6/10La Malédiction d'Edgar - Tome 1 - Destin présidentiel

/ Critique - écrit par iscarioth, le 11/03/2007
Notre verdict : 6/10 - Transposition... Réadaptation... Raccourci ? (Ecrivez votre critique)

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Marc Dugain, écrivain, connaît un franc succès en 2005 avec la sortie de son quatrième roman, La malédiction d'Edgar. Un livre sur l'histoire de celui qui a dirigé le FBI pendant près de cinquante ans, John Edgar Hoover. Le romancier se fait aujourd'hui scénariste et adapte son roman en BD.

A ce jour, John Edgar Hoover est l'homme, dans l'histoire des Etats-Unis, qui est resté le plus longtemps à la tête d'une agence fédérale. Si le roman de Dugain s'étale sur les cinquante années de « règne » de Hoover, la bande dessinée, elle, va du début de la seconde guerre mondiale à l'élection de Kennedy. Le roman, lui, traite de faits postérieurs comme la débâcle de la Baie des cochons ou l'exécution des Rosenberg. Dugain aurait-il volontairement recentré son sujet ou nous prépare-t-il de nouveaux épisodes ? Pas de tomaison sur la tranche ni sur la première de couverture de cet album, mais tout de même un sous-titre : « Destin présidentiel », qui peut laisser présager une suite, peut être en cas de succès en librairie. Le roman de Dugain nous plaçait du point de vue de Clyde Tolson, le bras droit de Hoover. Ce personnage est toujours aussi présent dans la BD mais la narration se fait plus « omnipotente ».

Dugain nous montre à voir les dessous politiques de l'Amérique. Les manipulations et luttes intestines pour rester au pouvoir, le portrait bien peu flatteur des Kennedy, famille dont le père tente à tout prix de placer ses fils haut dans le pouvoir et dont les enfants ont un appétit sexuel assez développé. Dans son roman comme dans sa BD, Dugain est sur un fil : entre la véracité historique et l'affabulation fictionnelle. On part de certains faits avérés, historiques, bien que peu discutés, pour faire germer des dialogues tissés dans de l'entière fiction. Mais ce n'est pas là le défaut de l'album. La BD La malédiction d'Edgar nous démontre de manière assez flagrante que son auteur est bien romancier, et pas scénariste. Dugain a créé là un album dont le contenu ne manque pas d'intérêts, mais qui s'avère particulièrement indigeste. Les dialogues sont volumineux et les images apportent peu à la fiction, elles ont peu d'importance : des visages de peu de caractère, des expressions faciales limitées, un style, un agencement, une composition neutres. Il n'y a pas de réel fil conducteur, ce qui rend la lecture parfois ardue, surtout pour quelqu'un de non initié à l'histoire des Etats-Unis. Au fil des pages s'enchaînent les années sans que le lecteur ne soit trop averti de rien. Les anecdotes, aussi importantes soient-elles au regard de l'histoire, s'enfilent et se succèdent les unes aux autres comme des perles sur un collier. Au final, on découvre une sphère politique à l'air viciée, qui détonne de l'imagerie présidentielle reluisante véhiculée dans ces années là. Mais le récit, en lui-même, n'aboutit à rien de construit.


Trop compressée sur elle-même, lourde à lire, cette transposition du roman de Dugain par lui-même s'avère assez lourde à digérer.

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