8/10Magus - Tome 2 - Le félon

/ Critique - écrit par athanagor, le 23/01/2010
Notre verdict : 8/10 - Le félon les fait courts (Ecrivez votre critique)

Temps de lecture estimé de l'article : 3 minute(s) - 1 réaction

Retour d'une histoire toujours pleine de promesses, tenue par le talent de ses scénaristes, et surtout par le style étrangement original de sa dessinatrice.

Laissé sur une fin surprenante, le lecteur retrouve avec un véritable plaisir la suite des mésaventures du jeune Stanislas et apprend à comprendre un peu mieux de quoi il retourne.

Loin de démarrer cet opus en reprenant exactement là où la précédente page 48 nous laissait, les auteurs nous font un peu mariner et nous emmènent dans le passé de Sullivan, protecteur du jeune héros. Pas trop loin tout de même, quelques mois en arrière, pour nous montrer où l'aventure a commencé en ce qui le concerne. Ce faisant, on nous dévoile les fils de l'intrigu
e et mine de rien on nous révèle, par les dialogues, ce qu'est le potentiel d'un magus, ce qu'on ne pouvait qu'inférer dans le premier tome.

Avec la même énergie narrative que précédemment, alternant avec intelligence des scènes mouvementées et des scènes dialoguées, comme une succession d'arias et de récitatifs, les deux auteurs en charge du scénario, Cyrus et François Debois, exposent un talent certain pour la mesure et un savoir-faire véritable dans l'écriture de dialogues. Jamais poseurs, ni ouvertement trop détaillés ou explicatifs, tout ça fleure bon le naturel, le juste, le probable. C'est fluide comme du vrai et on serait tenté de croire que c'est une véritable période de l'Histoire, authentique, qu'on nous relate-là, de celle que des autorités secrètes nous cacherait pour nous garder dans le droit chemin de la chrétienté. Bien sûr le vieux François du 13ème siècle n'est pas usité, mais c'est quand même tant mieux, car quiconque a un jour tenté d'en lire une page cherche encore à y distinguer les verbes des sujets.

Un tout petit bémol sera malgré tout à porter à cet opus, concernant le travail d'Annabel. Quelques lacunes se font jour de-ci, de-là. Celles-ci étaient déjà présentes dans le premier tome, mais ne méritaient pas alors qu'on les mentionne, dans
l'élan généralisé d'indulgence envers une jeune auteure dont c'était vraisemblablement le premier travail professionnel (et par ce terme, entendons « dont on tire une rémunération »), et qui l'un dans l'autre s'en sort plutôt vachement bien. Quelques hésitations donc, surtout dans les visages, qui ont tendance à contredire la crédibilité des dialogues par un effet des expressions assez « plat ». Un autre problème se fait jour dans le dimensionnement des bulles, parfois trop grandes, parfois trop petites pour le texte qui y siège. Cela force quelquefois la dessinatrice à positionner le même élan locutif sur deux espaces différents, ce qui pose parfois de fâcheux problèmes dans la compréhension de certains dialogues, où ce qui ressemble à une réponse est en fait la suite du premier propos. Ceci dit, ce genre de désagrément restant rare, il convient de rappeler immédiatement son superbe travail d'ensemble, en particulier sur les couleurs dont elle a seule la charge ici et surtout, comme on le remarquait déjà dans le premier tome, sur les mains des protagonistes, qui bien souvent arrivent à communiquer ce que les visages ne traduisent pas, ou peu.

Passée la surprise des premières pages, de retrouver le dessin si particulier d'Annabel, une année s'étant écoulée entre les deux tomes, on est vite replongé dans ce qui fait la force de cette BD : son propos, ses dialogues justes, une ambiance prenante tenue par une histoire originale et surtout, le dessin si particulier d'Annabel.

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