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6/10Madame désire ?

/ Critique - écrit par riffhifi, le 12/09/2009
Notre verdict : 6/10 - Vos désirs font désordre (Ecrivez votre critique)

Temps de lecture estimé de l'article : 2 minute(s) - laisser un commentaire

La première incursion de Grégory Mardon chez Fluide Glacial est un récit érotique évoluant dans les standards les plus classiques du genre. Le dessin ne manque pas de style, mais la profondeur du récit ne requiert ni palme ni tuba.

Le scénariste-dessinateur Grégory Mardon s'est fait une place au soleil dans l'univers la bande dessinée, et ne s'entend plus appeler « le petit Grégory » depuis bien longtemps. Venu du dessin animé, il s'est fait remarquer dès 2000 avec l'album Vagues à l'âme sorti aux Humanoïdes Associés, et a continué sa carrière en louvoyant entre Cornélius, Dupuis, Futuropolis, et aujourd'hui Fluide Glacial. C'est dans la récente collection Fluide Glamour qu'il glisse son nouvel opus, un récit érotique standard situé au début du XXème siècle. Le genre est inédit pour lui : il
l'aborde avec précaution et une dose réglementaire d'humour.

Sur une route de France, deux beaux mecs activent leurs mollets sur leurs vélos pour profiter des congés payés institués par Léon Blum. Le blond et le brun sont tous les deux virils, un peu canailles et vaguement artistes sur les bords. Fourbus, ils décident de s'arrêter dans la première demeure venue pour briguer le gîte pour la nuit. Premier coup de bol : la première demeure en question est un manoir ultra-luxe où résident une maîtresse de maison foncièrement salope, une bonne assez coquine et la fille de cette dernière, dont les taches de rousseur ne voilent qu'imparfaitement le caractère déluré. Deuxième coup de bol : le maître de maison est absent, et son fils est une chiffe molle dont la présence est loin de satisfaire les trois femelles...

Le fantasme de la châtelaine perverse et de sa bonne, les classes sociales qui se roulent ensemble dans le stupre et la fornication, autant de thèmes archi-classiques de la littérature et du cinéma érotiques, voire pornographiques, qui ne connaissent guère d'autres rivaux en termes de notoriété que les géniaux « Bonjour, je viens réparer la photocopieuse » et « Je suis le plombier, où dois-je mettre mon gros
tuyau ? »
. Avec son dessin sobre et stylé, Grégory Mardon décline avec une certaine classe les figures imposées, jetant les personnages dans les bras et les jambes les uns des autres, mais veillant à ne pas donner dans la répétition, ni dans le sexe trop systématiquement explicite. Les deux pages centrales sont supposées plus « chaudes » que les autres, et nécessitent d'être séparées au coupe-papier par le lecteur averti. Un gadget un peu hypocrite pour deux planches à peine plus moites que le reste de l'album, qui permet à l'éditeur d'orner le tout d'un sticker promettant « 2 pages secrètes à dévoiler » (une affirmation illustrée de deux bites volantes, tout de même).

Au final, Madame désire est agréable à parcourir, mais n'apporte ni plus ni moins qu'une bd érotique de l'éditeur Dynamite, et fait plutôt preuve de moins d'humour que la moyenne des productions du genre. Si le nom de Mardon et le label Fluide Glacial en font probablement un cadeau plus convenable pour la famille, il s'agit essentiellement d'une question de convention.

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