8.5/10Lune d'argent sur Providence - Tome 1 - Les enfants de l'abîme

/ Critique - écrit par iscarioth, le 17/10/2005
Notre verdict : 8.5/10 - Le Western Fantastique (Ecrivez votre critique)

Temps de lecture estimé de l'article : 3 minute(s) - 5 réactions

Pas besoin d'accrocher à l'humour de Krän ni d'être un grand féru de la culture western pour apprécier ce Lune d'Argent sur Providence.

L'auteur

Eric Herenguel fait ses débuts en 1991 en dessinant sa première série : Carnivores. Le grand public le découvre l'année suivante quand il reprend le dessin de la série phare de Makyo, la Balade au bout du monde, pour un second cycle. Le dessinateur s'initie ensuite au scénario en adaptant les mémoires d'Edward John Trelawnay en BD. Et à partir de 1999, c'est l'explosion de sa série phare, Krän, qui s'impose très rapidement comme une référence en matière d'héroïc fantasy parodique.

L'histoire

1880, Providence, état du New Hampshire. Cathy Gatling arrive en ville pour réaliser l'inventaire des biens de Joseph Spencer, le charpentier du coin qui vient d'être sauvagement assassiné. Le shérif mène l'enquête du mieux qu'il peut mais les meurtres sanguinaires se multiplient...

Entre mythes et réalités

Lune d'argent sur Providence présente une histoire qui juxtapose les codes du western classique à un univers fantastique et monstrueux. Comme beaucoup de grands westerns ayant marqué l'histoire du cinéma, Lune d'argent sur Providence nous montre des personnages à fort caractère, en franche et manichéenne opposition (le shérif Stuart et le chasseur de tête Deadwood), une petite communauté d'habitants, avec ses personnages importants (le maire, le révérend). Dans l'appendice, Hérenguel explique à quel point son enfance a été marquée par la mythologie hollywoodienne de l'ouest sauvage. Le travail de l'auteur a été à la fois très documenté (les colts, dessinés avec énormément de précision, les architectures et la nature) et empreint d'une forte mythologie (les personnages tout en gueule, tous très typés et stylés, nous renvoyant aux mythes hollywoodiens du genre). Lune d'argent se situe donc entre un certain réalisme, dans la reconstitution d'une époque, et un hommage à un genre très codifié.

Nouvelle Précision

Lune d'argent sur Providence sait nous faire passer d'un univers à l'autre. L'album alterne les phases légères, où les personnages, tous très pittoresques, sont dépeint d'une manière humoristique et les passages de terreur nocturne. Avec Lune d'argent sur Providence, Hérenguel a réinventé le loup-garou, avec un bestiaire très impressionnant.
Pour ce nouveau projet, Hérenguel s'est voulu très précis. Son dessin est moins esquissé, décors et contours sont largement plus travaillés et soignés que sur les premiers albums de Krän, qui font primer le fond (l'humour) sur la forme (le dessin). Hérenguel prévoit de faire évoluer son dessin dans le sens du détail et de la précision, en appliquant même ces nouveaux principes aux prochains albums de Krän. L'album bénéficie aussi d'une excellente mise en couleur, avec une nature aux couleurs d'automne sublimée et une gestion de la lumière très agréable (les retouches de lumière en infographie, l'éclat des rayons de soleil transperçant les vitres ou les branches d'arbres). La lecture est agréable, portée par une narration et un sens du cadrage très au point.


Pas besoin d'accrocher à l'humour de Krän ni d'être un grand féru de la culture western pour apprécier ce Lune d'Argent sur Providence. L'album pose beaucoup de questions, fait planer un suspense qui devrait logiquement trouver dénouement dans un deuxième tome.

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