Loupio : interview de Jean-François Kieffer

/ Interview - écrit par Guillom (), le 20/02/2013

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Cet homme a du goût et du bagout. Mais, pour trouver Jean-François Kieffer lors d’un festival de bande-dessinée, ce n’est pas gagné. Un indice : église. En effet, cet auteur est un grand ponte de la littérature religieuse pour les enfants. Pourquoi de la BD chrétienne, me direz-vous. Et bien, pourquoi pas…

Qui êtes-vous ?

Je suis Jean François Kieffer et je suis un troubadour, c'est-à-dire un trouveur, quelqu’un qui trouve, qui trouve de belles choses. Moi je ne fais pas de l’archéologie, je fais de la BD et je raconte entre autres la vie de Loupio, qui est un troubadour. Donc je dessine, je mets en couleur et je compose les chansons qui vont avec. En fait, j’ai commencé à dessiner Loupio dans des magazines pour enfants et j’avais envie d’en faire un album donc j’avais monté une expo à la cathédrale d’Angoulême. Ça a débouché sur une proposition d’éditeur et l’année suivante je revenais avec le premier tome.

Que fait Loupio dans la vie ?


Loupio et le Loup
Loupio va sur les chemins et il rencontre plein de gens. C’est chaque fois l’occasion d’apprendre un petit peu de la vie. Il est très ouvert sur le monde parce que c’est toujours une boule de curiosité, ce garçon. Il vit dans l’entourage de François d’Assise, qui est un saint pour qui j’ai une grande admiration. Et il est souvent accompagné du loup de Goubio. Alors Goubio est une petite ville en Italie, en Ombrie, pas loin d’Assise.
Dans la région de cette ville, il y avait un loup terrible, qui dévorait tout ce qui passait à sa portée. C’est François d’Assise, dit-on, qui l’a pacifié. C’est de l’Histoire, certains diront de l’Histoire un peu légendée, un peu enjolivée. Moi j’ai simplement introduit dans ce support historique l’arrivée de ce petit orphelin à qui François a confié le loup et vice-versa. Alors ça c’est la série culte, qui me fait un peu connaître et qui me fait vivre depuis maintenant onze ans. On en est au neuvième tome, on approche des 500 000 exemplaires vendus. Et cette année je viens présenter une autre série que je démarre : Jeannette et Jojo. Ce sont deux petits Meusiens, ma région, qui vivent dans les années 60. Je travaille actuellement sur le tome 2.


Couverture du premier tome de Jeannette et Jojo

Encore des orphelins ?

Alors oui, deux orphelins aussi. Tiens, c’est bizarre… Pourtant je ne suis pas orphelin, je vous assure. Mais demandez à Hergé, c’est difficile de créer des personnages qui ont des parents, c’est pour ça qu’il n’a pas persévéré avec Joseph et Joco. Et puis moi, Jeannette et Jojo, vous voyez, ça sonne un peu pareil, c’est un petit clin d’œil à Hergé. Loupio étant un petit peu mon Tintin, j’avais envie de me diversifier.

Pouvez-vous nous raconter un peu leur histoire ?

Jeannette et Jojo débarquent dans un village meusien, qui n’est autre que mon village, je ne dirai pas le nom ici pour éviter les files de cars touristiques japonais. Et donc nos deux héros s’ennuient comme des rats morts… et ça y est, je vais avoir tous les rats du coin sur le dos… s’ennuient donc comme de gentils rats morts. Jusqu’à ce que l’aventure pointe le bout de son nez, sur fond de vestiges de la Grande Guerre. Ma région a été meurtrie par les tranchées, il y a encore plein de barbelés et d’obus. Et ces enfants découvrent un petit peu ces lieux et tout ce qui s’y trame. Dans le tome 2, on quitte les tranchées et on va sur la plaine, les étangs, les marais. Et un mystérieux gamin échappé de l’orphelinat dont sont originaires Jeannette et Jojo, vient se réfugier dans leur coin et leur demande de l’aide. Mais ce garçon n’est pas très net, des petits méfaits vont être commis dans la région, il va être fortement soupçonné. Nos deux petits héros vont balancer entre l’aider et la peur de se rendre complice. Et je n’en dis pas plus. 

Une dernière chose à ajouter ?

Je vous aime tous… bien. Je m’aime aussi… bien, j’aime bien ce que je fais. Je suis heureux d’être ici à Angoulême, c’est chaque fois une grande joie de retrouver les copains. Pour l’anecdote, Loupio est né dans le train qui me ramenait d’Angoulême en janvier 1995 et donc vous voyez, grâce à lui je reviens régulièrement. C’est un moment de l’année qu’on essaie de ne pas louper. 

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