8/10London Calling - 1ère partie - La promesse d'Erasme

/ Critique - écrit par Maixent, le 07/04/2008
Notre verdict : 8/10 - Welcome to paradise (Ecrivez votre critique)

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Deux ados partent à la conquête de l'Angleterre et du Rock mais se retrouvent confrontés à la dure réalité de la vie de bohème. Une critique sociale et un agréable souvenir de jeunesse.

London Calling c’est d’abord et avant tout le double album mythique des Clash, dans lequel on retrouve le titre du même nom, paru en 1979. Dès lors, on sait que l’on aura à faire à une bd résolument rock. Mais London Calling des Clash c’est bien plus que cela. C’est un album engagé qui réunit en lui seul toute l’Angleterre à une certaine époque, c’est l’équivalent du Black Album pour Métallica, c’est tout le charisme et l’inventivité de Joe Strummer en quelques morceaux d’anthologie.
Dès lors, utiliser ce titre pour une bd ne peut donner que des a priori positifs.

Techniquement, histoire de ne pas perdre le lecteur dans des tribulations rocambolesques comme essayer de comprendre si l’on a tous les Gaston dans sa bibliothèque, il faut savoir que cet album de Futuropolis regroupe en fait les deux premiers épisodes de l’épopée parus précédemment dans la Collection 32, chez le même éditeur.

London Calling est né de la rencontre entre Sylvain Runberg, scénariste de talent pour entre autres Les Colocataires et Hammerfall, et le dessinateur Phicil.
On imagine très bien (d’autant que l’on est guidé sur cette voie dans la « plage fantôme » en fin d’album) les deux auteurs autour d’un verre, tentant de se remémorer les moments forts de leur jeunesse, de comprendre un mouvement qui les a entraînés mais qui ne possédait pas alors de qualificatif propre car en gestation. C’était quoi être jeune dans les années 90, poussé par le métal et le grunge après la déferlante electro et New Wave des années 80 ? Comme dans chaque génération, un courant de révolte et de rébellion gronde parmi les jeunes qui cherchent à se définir. Glorieuse arrivée
Glorieuse arrivée

Pour Thibault et Alex, leur jeunesse ne peut se vivre en France, coincés entre le Service National et des études de fac sans intérêt, ils décident de partir pour Londres, « à l’arrache ».
Bercés d’illusions, et d’une naïveté bon enfant, Londres étant pour eux uniquement synonyme de concerts rocks, de vie facile et de fêtes sans fin, ils vont découvrir malgré eux les aléas et difficultés d’une vie de bohème.
Après avoir été abandonnés sur le bord de l’autoroute, ils arrivent finalement à Londres pour se rendre compte que les amis qui devaient les loger ne pourront s’occuper d’eux, c’est alors qu’ils décident de chercher un squat.
Parallèlement à cette errance et ce mauvais départ qui n’entache pas la fougue des deux jeunes, apparaît en filigrane la violence de l’Angleterre post-thatchérienne. Une société en crise, gangrenée par la crise du logement, le chômage et la drogue.

Ce récit, basé en partie sur l’expérience personneLondres. L'envers du décor.
Londres. L'envers du décor.
lle des auteurs oppose deux facettes d’une même réalité, ce qui permet une double lecture de l’ouvrage. Ceux qui avaient 20 ans dans les années 90 pourront revivre une partie de leur jeunesse, retrouvant la folie teintée de naïveté et d’insouciance de ceux qui cherchent à vivre et exister. Tandis que ceux qui s’intéressent plus à la sociologie et à l’Histoire trouveront dans London Calling un témoignage d’une certaine époque.

En ressort un ouvrage complexe malgré la relative simplicité du dessin et du scénario, qui pourra séduire un grand nombre de lecteurs.

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