5/10Loïs - Tome 4 - Monsieur, frère du roi

/ Critique - écrit par riffhifi, le 09/11/2009
Notre verdict : 5/10 - Loïs la saucisse (Ecrivez votre critique)

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A la cour de Louis XIV, ça empoisonne sévère. Le frère du Roi serait-il impliqué ? Loïs Lorcey, peintre-décorateur, mène l'enquête. Jacques Martin supervise de loin ce énième personnage de redresseur de torts sans grand relief.

Casterman est un éditeur qui doit l'essentiel de ses revenus à deux auteurs : Hergé, dont le patrimoine menace actuellement de leur filer entre les doigts en raison du caractère peu commode des ayants-droits, et Jacques Martin, qui est une collection à lui tout seul et supervise encore aujourd'hui les nouvelles productions liées à ses personnages. Tout le monde connaît Alix, créé il y a plus de soixante ans, et le reporter Lefranc. Moins connu, Jhen le médiéval a du moins l'avantage de
continuer ses aventures, là où Keos et Orion ont plafonné à trois albums. Le dernier-né, Loïs Lorcey, atteint cette année son quatrième tome depuis 2003, et s'est déjà vu consacrer un volume parallèle du type « Les voyages de Loïs ». Encore un blondinet pur et courageux qui préfère la compagnie des hommes ? Non, celui-ci a les cheveux châtains, traîne avec son frère et semble avoir des mœurs ouvertement hétérosexuels. Néanmoins, il est décorateur d'intérieur, et le roi Louis XIV lui-même s'est « pris d'affection » pour lui... No comment...

Le scénario, depuis le tome 3, n'est plus assuré par Jacques Martin lui-même mais par Patrick Weber, déjà à l'œuvre sur les récentes aventures d'Alix et sur certains Lefranc. Quant au dessin, il est assuré depuis le premier tome par Olivier Pâques, dont c'est le boulot à plein temps (il a précédemment collaboré aux décors de quelques Lefranc, tout reste en famille). Pour recréer la cour du Roi-Soleil, le jeune dessinateur se documente scrupuleusement, et n'hésite pas un instant à charger au maximum le contenu de ses cases pour respecter le nombre de fleurs d'une tapisserie ou le nombre de barreaux d'une grille. Le résultat est parfois limite indigeste, s'éloignant de la ligne claire croisée dans les autres séries jacques-martinienne sans pour autant assumer pleinement un style réaliste. Ce soin apporté
aux décors semble même atrophier l'intérêt porté aux personnages eux-mêmes, dont les traits sont souvent approximatifs.

L'intrigue, n'en déplaise à la couverture pleine de dynamisme qui montre Loïs l'arme au poing face à un mystérieux ennemi, est plutôt du genre à prendre son temps. Les fausses pistes s'entassent sans qu'on soit réellement tenté d'en suivre une seule, et les morts par empoisonnement se succèdent à un rythme léthargique. Loïs trouvera-t-il le coupable ? Finira-t-il à temps sa fresque murale ? Le fait qu'on n'arrive pas à mettre de hiérarchie entre ces deux échéances trahit malheureusement à quel point on se tamponne de chacune. Plutôt que de chercher à démêler le mystère, qui sera résolu en deux coups de crayon à pot dans les toutes dernières pages, on s'amuse des dialogues maniérés jusqu'à la lourdeur (l'usage abusif des « certes », « point » et autres préciosités), et des ambiances de la région parisienne du XVIIème siècle, avec ses luxueux châteaux et ses rues mal famées. Dommage, dans une histoire située à une époque aussi passionnante, d'en être réduit à regarder le paysage.

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