8.5/10Lloyd Singer, un héros qui compte...

/ Critique - écrit par Sylvain, le 03/02/2011
Notre verdict : 8.5/10 - Espérons que la suite sera du même makabi... (Ecrivez votre critique)

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Lloyd Singer bosse pour le FBI, mais il n'est qu'un comptable ordinaire. Ordinaire ? en fait pas tant que ça : contrairement à ce que les apparences laissent croire, c'est aussi un héros, à sa manière...

Le lecteur avisé de krinein.com qui aura lu la fiche technique des albums du cycle 1 de Lloyd Singer ne doit pas se laisser abuser. En effet, cette fiche indique une date de sortie qui est le 12 janvier 2011, mais en fait il s'agit ici d'une réédition d'albums qui étaient auparavant disponibles chez Dupuis, et sous un autre titre global (Makabi). Après un changement d'éditeur, un changement de titre, un changement de format et un changement de couvertures, la saga de Lloyd Singer revient donc sur le devant de la scène, pour notre plus grand plaisir.


DR.
Ce premier cycle se compose de trois tomes : Poupées russes, Appleton street, et enfin Voir le diable. Le pitch parait assez simple : Zéna est une jeune femme russe qui a cru qu'elle pourrait trouver l'amour en émigrant aux États-Unis, et bien évidemment (sinon l'histoire s'arrêterait là) elle tombe dans la prostitution et la pornographie forcée.

Un jour, elle trouve cependant le courage et la possibilité de s'enfuir avec sa fille, elle devient alors un témoin potentiel pour le FBI. Mais Zéna ne semble pas disposée à parler.

C'est alors qu'entre en scène Lloyd Singer. Lloyd est comptable en chef au FBI, c'est un homme qui nous est présenté comme doux, complice avec les femmes (mais pas dragueur), fragile et surtout insignifiant. Cependant, et on ne sais pas pourquoi de prime abord, c'est lui qui va être chargé de faire parler Zéna. On l'apprendra plus tard (attention, spoiler en vue), mais Lloyd est aussi Makabi (le "marteau" en hébreu), c'est à dire un gars qui se promène torse nu avec une cagoule pour cogner (dur et fort) les méchants.

Un récit qui débute ainsi pourrait aiguiser nos pires craintes et tomber dans le Lloyd Singer, un héros qui compte...
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sordide et le bourrin de bas étage, mais ce n'est pas le cas ici. Ceci est entièrement du à la grande qualité du travail effectué par le scénariste Luc Brunschwig, qui n'est certes pas un amateur puisqu'on lui doit également d'autres grandes réussites comme par exemple Holmes ou le plus ancien Le Pouvoir des innocents. L'histoire est vraiment bien tournée, et à aucun moment le scénario ne tombe dans la facilité. On se surprend parfois à revenir un peu en arrière lors de la lecture, pour determiner si une action des personnages est fortuite ou réfléchie (c'est notamment le cas lorsque dans le tome 3 Lloyd rentre dans la voiture de l'infâme salaud, est-ce qu'il commet une maladresse, ou bien est-ce réfléchi dans le but de retrouver une certaine personne ?).

Par ailleurs, les personnages sont tous complexes, avec leurs grandes qualités et leurs grands défauts. De plus, l'auteur sait comment nous montrer leur évolution, c'est par exemple flagrant du coté des deux méchants, qui lors des flashbacks nous sont montrés comme pas tout à fait pourris, puis ensuite totalement en dehors de toute rédemption. Le seul petit défaut est à mon sens dans le personnage de Makabi lui même, qui est physiquement au delà de tous les autres, ce qui est un peu too much...

Passons maintenant à la partie graphique de cette saga. Le dessin est à mettre au crédit d'Olivier Neuray (dessinateur de la série Nuit Blanche chez Glénat) et les couleurs sont réalisées par Isabelle Cochet (dont on peut découvrir les talents au dessin dans l'album Quintos). Très clairement, il ne s'agit pas d'un dessin expérimental. On reste dans un dessin très classique, très balisé mais qui sert ici parfaitement le propos du scénario. Pour être tout à fait honnête, je trouve qu'il y a une belle progression qualitative du tome 1 au tome 3, notamment dans le dessin "formel" des postures des personnages.

Au final, je conseille vraiment la lecture de ces trois tomes, qui sortent vraiment de l'ordinaire de la BD que l'on trouve en rayon sous des formats calibrés (pensez par exemple à un bellâtre riche et qui gagne à la fin). Un scénario fin et développé, un dessin et des couleurs au service de ce scénario. Bravo les auteurs, et merci à Bamboo pour la reprise !

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