3/10Little Alice in Wonderland - Tome 2 - Tango baïonnette

/ Critique - écrit par Maixent, le 03/09/2013
Notre verdict : 3/10 - Alice la geekette (Ecrivez votre critique)

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Une antépénultième version d'Alice et de ses merveilles qui pioche dans trop de références pour être réellement lisible.

Il n’est pas nécessaire de présenter la jeune Alice, ses aventures au Pays des Merveilles ou de l’autre côté du miroir ont été traduites dans toutes les langues, adaptées à tous les supports possibles et imaginables et sont devenues des références tant psychanalytiques que populaires. Il est donc à la fois courageux et « mainstream » de s’attaquer à Alice en passant derrière ces centaines d’auteurs qui ont repris le personnage à leur façon. Tacito, qui a déjà plusieurs séries à son actif dont 6666 ou le spin-off Claudia Chevalier Vampire a choisi un angle d’attaque résolument geek, ancrant cette nouvelle Alice dans une version moderne et hystérique, un Pays des Merveilles entièrement remanié bien loin de la version gentiment psychédélique et enfumée de Disney.


Reine de Coeur et lapins crétins
Dans ce deuxième tome, la Reine de Cœur est toujours en butte avec le Lapin Blanc et fait appel au service du Chapelier Fou pour se débarrasser de lui une bonne fois pour toute. Alice, en bonne héroïne, est prisonnière et un nouveau héros est mis à jour, un nain sorti tout droit de World Of Warcraft. Tout ça est un peu confus comme après une overdose de champignons d’autant plus que les références à la culture geek, le cinéma et les comics sont partout.

En effet, dès les premières pages on va croiser Cthulhu, un super sayen avec un masque d’Anonymous, Donald… Et ça n’arrête pas, le grand méchant ressemble au Doctor Octopus, l’ennemi de Spider Man, on croisera Diablo, Hulk ou la Chose. La liste est sans fin. Mais la référence principale reste WoW, le fameux MMORPG. Pendant une grande partie de l’album on est projeté dans les premiers niveaux du jeu lorsqu’on a choisi un personnage humain, soit à Hurlevent et ses alentours. On retrouvera même Princesse, la fameuse truie de la forêt d’Elwynn, l’une des premières difficultés (relative) du jeu, avant d’être projeté dans la mine Kobold entre la  ferme des Champierreux et la vigne des Maclure. Les références sont donc extrêmement précises et nombreuses, ce qui a le don de perdre le lecteur, sachant que des jeux de mots dignes de Troll de Troy ponctuent le récit (on croisera par exemple le dragon Chokom Labraize), contribuant d’autant plus à noyer le lecteur sous un flot d’informations.


Princesse dans son champs de citrouille
Le dessin n’aide pas non plus à la compréhension. Surchargé il pique parfois les yeux, allant jusqu’à encombrer les phylactères. La Reine parle avec des petits cœurs tandis que Tweedle Dee et Tweedle Dum s’expriment en bleu-blanc-rouge. Même si le tout est maîtrisé, l’avalanche de détails, et de personnages devient très vite problématique, comme si des fenêtres pop-up s’ouvraient en permanence sur votre écran sans que vous ayez rien demandé. Du coup on ne sait plus trop où on en est et à la fin, c’est surtout l’impression d’avoir était agressé visuellement qui reste, au détriment du travail de l’auteur.

Little Alice ne trouve pas vraiment sa place, trop brouillon, trop d’univers mélangés et au final pas vraiment de ligne directrice. On pioche un peu partout sans vraiment s’arrêter nulle part. Un peu de sexe, un peu de violence, un peu d’univers comics, un peu de manga. Le tout mélangé au mixer sans vraiment de finesse. Et même si l’idée est pas mal  et qu’il y a un vrai travail de narration et de dessin, le résultat escompté n’est pas là.

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