6.5/10La Liste 66 - Tomes 2 et 3

/ Critique - écrit par riffhifi, le 07/07/2008
Notre verdict : 6.5/10 - Le chiffre du diab (Ecrivez votre critique)

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Polar gentillet sur fond d'Histoire américaine, La liste 66 a encore quelques années de courses-poursuites à offrir. Youpi ?

La Route 66 est une sorte de monument historique aux USA. Elle fut la première route goudronnée à rallier plusieurs états, et bien qu'elle n'existe plus sous ce nom depuis 1985, elle conserve une aura mythologique entretenue par des films comme Les raisins de la colère (1940) ou Cars (2006). Eric Stalner, dessinateur de La croix de Cazenac, a entrepris depuis 2006 de bâtir une série sur la traversée de cette route, chaque tome correspondant à un état. Après Illinois vinrent Missouri et Kansas, et en toute logique, on attend désormais Oklahoma, Texas, Nouveau-Mexique, Arizona et Californie. Le projet se verrait donc achevé en 2013. Reste à Tome 2
Tome 2
savoir si le public suivra...

Car dans les tomes 2 et 3, Alex et son fils ne parviennent pas à faire grand chose de plus que tourner en rond, malgré la linéarité de leur parcours physique. Rebondissements feuilletonesques, révélations « fracassantes » toutes les dix pages pour faire bonne mesure... La liste 66 fait penser à une version rétro de XIII, ce qui est à la fois un compliment et un reproche ! Le sac de nœuds que finit par constituer la succession de trahisons et d'accusations, couplé à l'introduction de quelques scènes d'action musclées, détournent l'attention d'une intrigue principale qu'on devine légère, et de personnages trop raides pour susciter un réel intérêt. Physiquement d'ailleurs, tous se ressemblent, à tel point que certains peuvent jouer un numéro de Dupont et Dupont en étant habillés différemment (page 20 du tome 3). Seul le Clown tire brillamment son épingle du jeu, avec son cynisme et son professionnalisme déviant. Bien qu'il s'agisse du personnage le moins ambigu de la série - difficile d'avoir des doutes sur le camp qu'il a choisi, il se révèle particulièrement charismatique, avec son visage allongé et sa folie latente qui en auraient fait un parfait candidat au rôle du Joker s'il avait été de chair et d'os. Il occupe magnifiquement la couverture du tome 2, et on regrette qu'il ne soit pas mis plus en avant, au détriment s'il le faut du fadasse héros et de la ribambelle d'agents
"... sinon je te tire dessus, j'suis un
ouf malade moi, j'ai voté pour Nixon !"
secrets interchangeables. On appréciera à ce titre les sept premières pages du tome 3, qui lui laissent le champ libre.

Le dessin, malgré ce manque d'expressivité des personnages, ne manque pas de cachet, et présente le double avantage d'être lisible et d'offrir une vision documentée des décors et des habitudes vestimentaires des années 60. L'ensemble se lit facilement, la mise en couleurs de Jean-Jacques Chagnaud est subtile et réussie, mais la série n'en est pas moins empreinte d'une nette patte "commerciale", l'essentiel étant de plaire à un public le plus large possible en évitant consciencieusement de choquer (on ne tue pas les enfants, par exemple), et de délayer l'intrigue sur huit tomes en conservant un ton égal et un mystère constant jusqu'à la scène d'explication finale, en Californie. Mais après tout, Stalner a encore cinq albums devant lui pour dissiper cette impression...


Tome 2 - Missouri (2007)
Tome 3 - Kansas (2008)

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