5.5/10La Ligue des Gentlemen extraordinaires : Century - 1969

/ Critique - écrit par riffhifi, le 26/10/2011
Notre verdict : 5.5/10 - La ligue des gentlemen… stupéfiants (Ecrivez votre critique)

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Coup de mou pour les Gentlemen d’Alan Moore : en pleine période hippie, ils ne sont plus que trois, déprimés, inutiles, perdus… Les visions psychédéliques ne suffisent pas à créer l’étincelle d’intérêt attendue. Rendez-vous l’an prochain pour le dernier tome de Century, que l’on espère meilleur.

Deuxième volet du triptyque Century : attendus au tournant, Alan Moore et Kevin O’Neill livrent depuis l’an dernier une saga complétant les aventures de leur ligue de Gentlemen Extraordinaires. Si la cuvée "1910" se tirait haut la main de l’exercice, on pouvait légitimement s’interroger sur les 17497-ligue-gentlemen-extraordinaires-cedeux suites, situées respectivement à la fin des années 60 et aux alentours de 2010. Quels personnages allaient constituer l’équipe ? Les auteurs ayant pris l’habitude de puiser dans le domaine public, comment trouver dans l’époque contemporaine des protagonistes ayant l’étoffe du Capitaine Nemo ou d’Allan Quartermain… mais libres de droits ?! La solution est une pirouette pour le moins décevante : il n’y a pas de nouveau membre. Nous sommes en 1969, et la "Ligue" ne se compose plus que de Mina, Allan Quartermain (deux membres fondateurs) et Orlando, l’homme-femme apparu dans le tome précédent. Catapultés dans le Swinging London des sixties, les trois survivants s’ennuient, traînent, se chamaillent et enquêtent du bout des doigts.

L’intrigue, pourtant lancée dès les premières pages, se voit diluée par la suite dans les chassés-croisés de personnages secondaires, aux caractères parfois pittoresques mais toujours sous-exploités : un homme de main blond, une rock-star obsédée et sa pouliche blonde, un serviteur nain moustachu, etc. Dans la grande tradition de la Ligue des Gentlemen Extraordinaires, on se dit que certains d’entre eux doivent renvoyer à tel ou tel œuvre littéraire existante, mais en l’absence de référence reconnaissable, on rame. Qui est ce Jackie Ca… ? On ne le saura sans doute jamais, puisque le volet suivant prend place quarante ans plus tard. On espère cependant suivre la trace du maléfique Oliver Haddo, qui survit de corps en corps 17497-ligue-gentlemen-extraordinaires-cedepuis plusieurs générations.

Pollués par d’innombrables allusions désormais stériles aux personnages des épisodes précédents (et au Black Book inédit en France !!), les dessins toujours anguleux de Kevin O’Neill sont pimentés cette fois de nombreuses représentations sexuelles (c’est la période de l’amour libre, de la libération sexuelle, et il ne faut pas oublier qu’Alan Moore est l’auteur d’ouvrages osés comme Filles perdues). Une quéquette par ci, une scène lesbienne par là : autant de diversions qui ne permettent pas de faire oublier la vacuité du récit. La dernière partie explore l’option du trip psychédélique, annoncé par une couverture pop particulièrement alléchante. Quelques pages hallucinantes permettent alors d’imaginer ce que l’album aurait pu être… avant qu’une conclusion fadasse ne vienne faire la transition avec l’épisode à venir. Parti comme c’est, on imagine bien que la "Ligue" de 2010 ne soit plus composée que de Mina, et que son "aventure" consiste à prendre le métro pour acheter un grille-pain. On a hâte.

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