8.5/10Libre de choisir

/ Critique - écrit par plienard, le 05/10/2011
Notre verdict : 8.5/10 - Femmes, Femmes, Femmes... (Ecrivez votre critique)

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Anna cherche le grand amour pour franchir le pas. Fille dans une famille très chrétienne, sa vie bascule quand elle rencontre le séduisant Julien. Une belle histoire, émouvante de Philippe Richelle, préfacée par Gisèle Halimi et dessinée par Pierre Wachs.

1971, Anna va bientôt passer son bac. Elle a une vie tout à fait heureuse avec une famille unie et croyante. Sa meilleure amie est Isa, qui vit à côté de chez elle. Son espoir, trouver un garçon qu’elle aime et avec qui elle fera l’amour pour la première fois. Et c’est ce qu’elle croit trouver en la personne de Julien, jeune homme plus vieux qu’elle et ressemblant à son chanteur préféré Julien Clerc. Il va changer sa vie à un point qu’elle ne pense même pas.

Libre de choisir
DR.
Libre de choisir parle de l’avortement et de sa perception dans la société française du début des années 70. La révolution sexuelle est en marche, Mai 68 est passé. Les mœurs et les idées commencent à bouger. Pourtant, l’IVG (interruption Volontaire de Grossesse) n’est pas encore votée (1975, loi Veil) et la pilule est loin d’être généralisée dans les familles.

Le sujet est donc sérieux, voire lourd. D’ailleurs, en recevant l’album, ma première réaction est : ouh là, ça ne va pas être drôle ! Et certes, on ne rigole pas. Le début et le dessin classique sans réel charme n’est pas là non plus pour nous enthousiasmé. Pourtant, l’histoire est vite captivante. Le début, certes pompeux, sert de présentation des personnages, de mise en place des psychologies, de l’atmosphère de l’époque et est nécessaire. On s’intéresse à la vie d’Anna, à sa famille. Le scénariste Philippe Michelle ne nous parle pas vraiment de l’IVG, mais plutôt d’une époque, nous fait le récit d’une fiction qui nous émeut, nous révolte à certains moments, et nous fait sourire par instants. Chacun y trouvera une émotion : un père ou une mère interpelés par la relation d’Anna avec ces parents, une jeune fille qui se sentira concernée par la vie d’Anna, un jeune homme qui se retrouvera dans Thomas ou Julien. Tout le monde peut appréhender, apprécier ce récit. C’est ce qui fait sa force.

Le point faible en est le dessin, pas vraiment sexy. Les personnages semblent terriblement figés et collés sur un décor pas toujours très net. La palme revenant à la scène de dispute entre Anne et son père peu crédible. C’est d’autant plus dommage que certaines cases – notamment les gros plans sur les personnages – sont très réussies. Pourtant, la fin est des plus émouvantes et risque de tirer quelques sanglots à n’importe quel parent.

Malgré un dessin passable, l’histoire vaut le détour. Préfacée par Gisèle Halimi – présidente de « Choisir la cause des femmes » et avocate au célèbre procès de Bobigny où elle défendait une jeune fille qui avait choisi l’avortement après avoir été violée par un voyou et qui aboutira à la loi Veil en 1975 – l’album gagne en crédibilité. Mais le plus important est tant que la bande dessinée divertit et éduque, elle restera mon média préféré.

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