7.5/10L’homme qui n’aimait pas les armes à feu : Chili con Carnage

/ Critique - écrit par riffhifi, le 12/05/2011
Notre verdict : 7.5/10 - Arizona Dream Team (Ecrivez votre critique)

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Un western atypique et drolatique, peuplé de personnages excentriques gravitant autour d’une jolie donzelle. Le scénariste se dit fan de Goscinny, et on le croit.

Retour aux sources pour le scénariste Wilfrid Lupano : après être passé par l’heroic fantasy avec Alim le Tanneur, la science-fiction avec L’ivresse des fantômes et la parodie avec Les aventures de Sarkozix, il renoue avec le genre western, qu’il avait arpenté dans sa première BD Little Big 15977-lhomme-naimait-les-armes-feu-chiliJoe.

Arizona, début du XXe siècle. Un duo singulier traverse le désert en carriole : l’un s’appelle Byron Peck, est britannique et n’aime pas les armes à feu (d’où le titre, qui revient tout de même de loin car Peck ne semble pas phobique pour autant), l’autre se nomme Knut Hoggaard, est danois et ne s’exprime pas de façon très intelligible. Leur quête reste mystérieuse, mais ils ne semblent pas rechigner à semer des cadavres sur leur passage. En parallèle, le jeune et impétueux Tim Bishop se met en tête de séduire une rousse incendiaire qu’il a aperçu dans un train ; mais avant même qu’il puisse l’aborder, elle tombe aux mains d’une troupe de bandits mexicains… qu’elle semble en mesure de mener à la b(r)aguette !

Lupano se dit influencé par le cinéma et par René Goscinny. On le croit sans peine : du premier, il a absorbé bon nombre de codes inhérents au western, qu’il ressert sans ostentation au fil d’un récit qui reste malgré tout personnel ; et du second, il a appris l’art de la construction et du running gag, ainsi qu’une caractérisation acérée des personnages. Ici, Byron présente tous les signes du flegme anglais le plus typique, et contraste joliment avec la brute danoise qui l’accompagne. Leur association 15977-lhomme-naimait-les-armes-feu-chiliinattendue, et le suspense qui entoure leur objectif durant une partie de l’album, constituent déjà un plaisir de lecture appréciable. Mais le deuxième versant du scénario, consacré à la Française (donc irrésistible) Margot de Garine n’est pas en reste : manipulation, tension… Au terme des 46 pages, on est suffisamment familier avec les protagonistes pour avoir envie d’en savoir plus, sans avoir pour autant l’impression d’être la victime d’un simple tome d’exposition. On a souri, on a été surpris, on a frémi un peu : le potage est bon, vivement le tome 2.

Le dessin est assuré par le nouveau venu Paul Salomone (aucun lien de parenté connu avec Bruno Salomone), qui se voit ainsi donner sa première chance par Delcourt. Il trouve un bon équilibre entre caricature et réalisme, permettant de souligner l’aspect drolatique de l’aventure (voir la gueule tordante du garde mexicain) tout en conservant un côté attachant aux personnages (en forçant peut-être la dose sur le décolleté de Margot).

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