7/10Les Rochester - Tomes 1 à 4

/ Critique - écrit par iscarioth, le 29/08/2006
Notre verdict : 7/10 - Oh my godness ! (Ecrivez votre critique)

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Critique tomes 1 à 4 : Les Rochester n'est pas une série à conseiller aux amateurs de récits fracassants d'innovations graphiques et scénaristiques. C'est une série qui se veut et s'assume classique.

Etrange affaire que celle des Rochester... Quatre tomes, pas moins, de cette série, sortent simultanément en août 2006. Un lancement digne de ce nom, pour une série scénarisée par Jean Dufaux, l'un des auteurs les plus prolifiques de la bande dessinée franco-belge. En fait, les Rochester existe depuis 2001, et a été à l'origine publié chez Casterman. Reprise par Dupuis à partir de 2004 et du tome trois, la série, pour son quatrième épisode, fait peau neuve. Les quatre albums qui composent pour le moment la série réapparaissent en librairie sous une nouvelle maquette.

By jove !


Publié dans la traditionnelle collection Repérages, Les Rochester semble revendiquer un certain classicisme. Le nouveau logo est à ce niveau très révélateur : un couple de héros, dos à dos, devant un drapeau anglais. Les Rochester possède des accents très british. Jean Dufaux s'amuse à faire revivre un certain patrimoine. On sait les anglais particulièrement marquants, dans le domaine du policier. Les Rochester s'enduit tant d'un maniérisme british qu'on se demande parfois quelle est l'époque représentée. Vêtements, véhicules, coupes de cheveux, bâtiments, langage... Tout rappelle une Angleterre d'un autre temps. On est surpris de croiser quelques téléphones portables, de temps à autres. Raffinement, noblesse, cup of tea, Hitchcock, manoirs écossais, c'est le Grande Bretagne, dans sa dimension toute mythique et imagée. Ce classicisme british est aussi flagrant dans le style empreinté par Philippe Wurm, qui rappelle le bon vieux temps de Blake et Mortimer. La ligne claire, des planches géométriquement découpées, jamais un gribouillis ni une ligne de travers. Trois millimètres : c'est l'espace que l'on retrouve toujours entre chaque case. Le plus grand débordement que s'autorise Wurm, dans son festival bien volontaire d'académisme, c'est de disséminer, ça et là, des vignettes arrondies plutôt que rectangulaires. Mais encore une fois, pas d'effusion crade. Un rond, d'accord, mais poliment réalisé au compas.

Je t'aime, moi non plus


Au coeur de cette histoire volontairement british et académique, un couple de héros, qu'on présente comme très lié mais antagoniste, sur la quatrième de couverture. Il y a Jack Lord, le journaliste mal rasé, un peu crade sur les bords et plutôt gouailleur. Et Elza Rochester, jeune femme bien propre sur elle, qui fait honneur à sa noblesse. C'est la rengaine du « Je t'aime, moi non plus ». Divorcés, Jack et Elza restent très unis, leur relation est ambiguë et lunatique. La nature du couple de héros, sans être novatrice, est très certainement l'élément le plus à part de la série. Un coté « comédie amoureuse » très attractif. Gravitent bien évidemment autour de ces personnages principaux quelques figures secondaires. Il y a Anthony Bellock, petite moustache, noeud papillon, costume et raffinement tout ce qu'il y a de plus anglais, digne successeur des Blake et Mortimer par un parler très soutenu et des expressions atypiques. Et puis, il y a Feet, un bon vivant, une espèce d'espion-clochard un peu loufoque, avec un bon sens de la répartie. Anthony et Feet, dans leurs genres très opposés, sont, en bons sous-fifres, des moteurs comiques.

Du policier à l'ésotérique

L'affaire Claudius et Claudius ne répond plus, les deux premiers albums, forment un diptyque. Une affaire de meurtre, des manigances familiales... Bref, un policier dans la plus pure tradition du genre. Les deux albums suivants, La liste Victoria et Fantômes et marmelade, sont des one-shot et surprennent par un certain changement de ton. On rentre dans le policier-ésotérique et le policier-fantastique, tout en restant dans des limites très policées et traditionalistes. A l'ancienne toujours, on parle de visions prémonitoires et de fantôme écossais. Avec les tomes trois et quatre, les scénarios se font un peu plus complexes, plus farfelus (le restaurant Bolchevik, tome trois), sans jamais faillir à la règle de l'académisme « so british ».


Les Rochester n'est pas une série à conseiller aux amateurs de récits fracassants d'innovations graphiques et scénaristiques. C'est une série qui se veut et s'assume classique. Un académisme british qui tire sur les ficelles du policier et de l'humour, deux domaines dans lesquels les anglais brillent tout particulièrement.

Tome 1 - L'affaire Claudius (2001)
Tome 2 - Claudius ne répond plus (2002)
Tome 3 - La liste Victoria (2004)
Tome 4 - Fantômes et marmelade (2006)

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