7.5/10Les oreilles rouges

/ Critique - écrit par Maixent, le 03/06/2012
Notre verdict : 7.5/10 - Petit Con ! (Ecrivez votre critique)

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Reiser peut être très bavard, exposer pendant des pages et des pages des théories rêveuses et enchanteresses, chiffres à l’appui, pour que l’homme moderne se sente un peu moins malheureux et oppressé. Mais il est surtout capable sans paroles ou presque de toucher à l’universalité et de traiter de petits soucis ou des gros problèmes que tout un chacun a traversé avec seulement quelques traits.

En effet, excepté une histoire, tout l’album est sans paroles. Seulement un
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mouvement et quelques onomatopées qui permettent au lecteur de s’attacher au « héros » de cette misère sociale. Dans Les Oreilles Rouges, nous suivons les tribulations pathétiques d’un pauvre gamin, touchant de bêtise et de naïveté, tentant vainement de trouver sa place dans un monde d’adultes toujours prêts à lui balancer une torgnole.

Le ton est volontairement grinçant mais aussi tendre. Sans complaisance, Reiser continue à mettre en avant les petites faiblesses humaines avec toujours son regard humaniste. Il fait la pirouette en permanence, ne se laissant pas abuser par la fausse naïveté de l’enfance. Le gamin aux oreilles rouges, qui n’a pas de nom, n’est pas un cher petit ange mais plutôt un petit con refusant de se nourrir ou découvrant la sexualité à travers les magazines.
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Balloté dans la vie il va de conneries en conneries dans un univers intemporel toujours valable aujourd’hui malgré une première parution il y a vingt ans déjà.

Au-delà de ce premier aspect, l’histoire d’un gamin à problèmes, souffrant de sa différence, minime mais tellement handicapante dans une cours de récré, de grandes oreilles décollées transparait en filigrane le côté frondeur et révolté de Reiser. Même si ce n’est sans doute pas le meilleur album de Reiser, qu’il manque de profondeur politique ou de réflexions tarabiscotées comme c’était le cas dans On vit une époque formidable, on y retrouve la patte de l’artiste et ses grandes claques envers la société. Tout ce qui porte uniforme en prend pour son grade, la morale bien-pensante tournée en ridicule, l’éducation apportée par le parent est bafouée et Reiser se régale encore et toujours à contempler ses contemporains.

Les Oreilles Rouges reste un album à redécouvrir, réunissant tout ce qui a fait le succès de Reiser avec sans doute un aspect moins détaillé et corrosif mais gardant le charme de la révolte et de la désobéissance.

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