2.5/10Les Frères Zimmer contre le reste du monde

/ Critique - écrit par riffhifi, le 12/06/2011
Notre verdict : 2.5/10 - Zim boum (Ecrivez votre critique)

Temps de lecture estimé de l'article : 2 minute(s) - 4 réactions

Un rond et un carré vivent de mornes journées entre le bureau, le musée d’art moderne et le cabinet d’un œuf médecin. L’absurdité de cet univers minimaliste ne compense pas la paresse de son humour.

Jérémy Mahot, geek de son état, fait son entrée dans la collection Shampooing de Delcourt. Adepte du minimalisme graphique, il met en scène deux frères (heureusement que le titre nous indique leur parenté) appelés Hans et Karl, qui sont respectivement un carré rouge et un rond vert. Leur meilleur ami est un arbre, leur toubib est un œuf dans un coquetier, et leur nouveau collègue est un robot appelé Isaac (probablement un clin d’œil au romancier Isaac Asimov, bien que les trois règles de la robotique ne soient pas citées). Par ailleurs, Hans Zimmer est le nom d’un compositeur de musiques de films, mais rien n’indique que 16314-les-freres-zimmer-contre-reste-monl’homonymie soit ici intentionnelle.

A première vue, cet univers géométrique et nonsensique a tout pour exhaler un parfum délicieusement anglo-saxon d’absurdité. Et pourtant, Mahot semble s’évertuer à faire rentrer ses personnages et leurs vies dans les cases les plus étriquées de l’humour convenu : blagues de bureau, clichés sur l’art moderne (on peine à déterminer la position de l’auteur sur le sujet)… Les rares tentatives d’exploiter le caractère abstrait des protagonistes sont timorées, et seul Isaac le robot arrache quelques sourires en citant Terminator.

Quelques moments arrivent à effleurer le surréalisme, en montrant Karl se coiffer d’une saucisse en plein musée… mais les séquences sont présentées explicitement comme des rêves, et platement analysées par l’œuf-médecin didactique. Trop affairé à fignoler le minimalisme de sa BD (les personnages n’ont aucune expression, les décors sont fixes), le jeune auteur oublie qu’en l’absence de stimulus visuel, le lecteur a besoin de textes percutants. Si Philippe Geluck peut se contenter de dessiner trois angles de son Chat depuis plusieurs décennies, c’est parce que ses bulles font mouche. Si Dilbert ou Open Space font rire avec leurs employés de bureau, c’est parce que leurs auteurs ont autre chose à servir que de pauvres gags réchauffés au micro-ondes ou débités à la tranche, du type « Surfer sur Internet est formellement interdit pendant les heures de travail ! Avez-vous une quelconque justification à me donner ? – Aucune, chef… Mis à part le fait que je m’emmerde au travail ! » (authentique).

Des 120 pages de l’album, on retient surtout que… c’est coloré. Même le communiqué de presse, embarrassé, se trouve contraint d'indiquer que le "point fort " de l'album est que "l'auteur vit à Pessac en Gironde (33)" (sic).

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