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6/10Les folles nuits de Cryptée

/ Critique - écrit par Maixent, le 09/12/2018
Notre verdict : 6/10 - L' île du plaisir (Ecrivez votre critique)

Temps de lecture estimé de l'article : 3 minute(s) - laisser un commentaire

Manigances et perversions sur une île coupée du monde.

Adepte de la pornographie à l'ancienne où les femmes ne sont que des instruments pleurnichards et les hommes d'immondes salopards, Ardem évolue depuis toujours dans un style bien à lui. Un monde vulgaire et graveleux empreint de méchanceté gratuite et de bassesse ce qui doit sans doute exciter le public de Jacky et Michel. Il faut cependant reconnaître que Les folles nuits de Cryptée présente pour une fois un scénario plus abouti et des personnages dont la psychologie a été un peu plus développée. Surtout si l'on compare à d'autres albums comme Chantages ou Vacances de rêve dont le scénario tient sur un mouchoir de poche et les personnages sont d'un côté les cruches, de l'autre les méchants.


Des domestiques exigeants

 

Dans ce huis-clos pervers situé sur une île paradisiaque, Milton, milliardaire mégalo règne en maître despotique. Il a trouvé une méthode personnelle et originale pour faire fructifier sa fortune. Il séduit des jeunes filles, puis avec l'aide de ses complices et domestiques, il va les détruire psychologiquement par des manœuvres visant à les humilier et les soumettre, ce qui lui permettra de récupérer l'argent sans s'encombrer d'une femme et de régner en maître. D'autant que ses malversations touchent également la famille de la victime qui en ressort brisée à jamais. Dans cet album, nous suivrons deux de ces jeunes femmes.
Une épouse dévouée

 

La première, Elisa, débarque sur l'île avec son père le lendemain de son mariage avec Milton. Beau-papa est confié aux soins de Pipa qui se soumet à ses caprices, mais cela fait partie d'un plan plus subtil. Elisa est droguée, subissant alors les assauts de Dottie, l'autre gouvernante et de Hector le maître d'hôtel, dont le trait de caractère principal est : violent sodomite. Le lendemain, Beau-papa va réveiller sa petite fille, mais il trouve celle-ci avec deux bites dans la bouche, celles de deux autres domestiques, Valentin et Mattéo, et même pas celle de son mari. Dégoulinante de sperme, elle s'approche alors de lui pour le sucer... Il abandonne alors sa dot et sa fille à Milton, reniant tout ce qui la rattache à elle. Or, Elisa n'est qu'une victime de la drogue que l'on a versé dans son verre, une drogue entre le somnifère et l'aphrodisiaque surpuissant, aussi redoutable que le fameux boitier dans Le déclic de Manara.


Des dialogues truculents

 

Comme dans une pièce de théâtre, d'autres personnages entrent alors en scène : Ginger, nouvelle épouse, sa sœur Soledad, ses parents Harry et Lola et enfin Victorine qui remplace Pépa après son départ et Tani, la nièce de Milton. Cela permet à l'auteur d'ourdir un plan d'autant plus complexe avec également des histoires parallèles. Hector ne rêve que d'enculer Tani, ce qu'il arrivera à faire après que celle-ci se soit faite attaquer et violer. Milton, aidé de ses serviteurs, drogue Ginger et Soledad, défonçant sa belle-soeur lors de la nuit de noce et poussant sa femme à des actes contre nature avec les domestiques, toujours grâce à la drogue. Tout cela pour arriver à une scène d'apothéose, une honte indicible faite d'inceste laissant Milton victorieux mais peut être pas comme il le croit...

Le récit est extrêmement bavard avec tous ces personnages qui s'entrecroisent et si l'on retrouve parfois des expressions pornographiques frisant le ridicule, des ahanements et des onomatopées étranges, la plupart des dialogues sont bien construits. Ils servent parfaitement la construction de l'intrigue dans laquelle on pourrait aisément se perdre tant elle est portée par une multitude d'acteurs. En ressort un album riche qui mêle habilement intrigue, suspens et machination machiavélique, le tout enrobé d'une sexualité frontale. On reste surpris par chaque scène, se demandant ce qu'il va se passer et qui sera la prochaine victime de ce piège diabolique. Quant au dessin, pas toujours maîtrisé dans les autres albums , il est ici plus recherché avec un effort sur les décors et un traitement plus minutieux qui n'encombre pas la page malgré la prédominance des dialogues.

Sans doute le meilleur album de Ardem à ce jour, Les folles de nuits de Cryptée évite presque tous les pièges de la vulgarité, notamment grâce à son intrigue riche. Un album de qualité pour une pornographie dérangeante parfois mais au service d'un propos.

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