Les Carnets de Cerise : interview de Joris Chamblain

/ Interview - écrit par Guillom (), le 18/03/2013

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Joris Chamblain est scénariste de bandes dessinées. Trois ans après la parution de son premier album, La recherche d’emploi, il a été parmi les sélectionnés pour le prix jeunesse au Festival d’Angoulême avec Le zoo pétrifié, premier tome des "Carnets de Cerise" qu'il a réalisé avec l'illustratrice Aurélie Neyret. Rencontre.

Comment en es tu venu à la bande dessinée ?

Vaste question ! Je suis tombé dedans quand j’étais petit. Je lisais beaucoup de BD, Gaston, Léonard… Comme tous les mômes, je dessinais et je me disais que je ferai de la bande dessinée quand je serais grand. Ado, j’ai participé à un fanzine pendant cinq ou six ans, d’abord au dessin. Au bout d’un moment, je me suis mis à écrire des histoires pour un membre de l’équipe, puis deux, puis trois… Finalement, je prenais plus de plaisir à écrire qu’à dessiner donc j’ai laissé tomber le dessin pour me consacrer entièrement au scénario. J’étais déjà un fan des salons de BD et des dédicaces  et je voulais un jour passer de l’autre côté de la table. J’ai tout fait pour, et une fois, j’ai réussi…

Pour réussir, est-ce que tu as suivi un cursus spécifique ?

Absolument pas. J’ai pris un an de cours de BD dans un atelier. Ça m’a surtout appris à écrire en fait, à composer une planche, à réaliser un album. J’avais 17-18 ans et ça n’a pas duré très longtemps. Je me suis formé tout seul en cherchant, en consultant des bouquins, en rencontrant les gens, en lisant des bd et en les analysant. Je dessine toujours un petit peu, pour le plaisir et les dédicaces. Mais c’est vraiment le scénario qui m’intéresse.

"Les Carnets de Cerise" a été pressenti pour le prix jeunesse du FIBD. Peux-tu nous raconter la genèse de ce premier tome, Le zoo pétrifié ?

Je l’avais écrit à la base pour une autre dessinatrice. J’avais écrit l’histoire en fonction des récurrences que j’avais trouvé sur son blog : le monde de l’enfance, les couleurs, les animaux. J’ai brodé un peu une histoire autour de tout ça. Finalement, ça ne s’est pas fait, donc je suis parti à la recherche de quelqu’un d’autre et c’est finalement tombé dans les mains d’Aurélie.

D'où te vient l’idée de ce scénario ?


DR.
J’ai vécu une aventure un peu similaire quand j’étais petit. Il y avait un petit parc d’attraction perdu dans une forêt, près de chez moi. C’était une affaire familiale avec des manèges un peu bancals, un peu cassés, mais les enfants du coin y allaient. Un jour, le parc a fermé pour des raisons évidentes de sécurité. En petit aventurier que j’étais, on a fait le mur avec un copain et on a visité ce parc d’attraction désaffecté. Immobile, silencieux, vide… un parc d’attraction éteint, ça marque. Je pense que c’est un écho à cette aventure là. Le zoo est venu très vite. J’avais le titre noté sur un bout de papier et il fallait qu’un jour j’écrive une histoire avec ce titre-là. Puis j’avais l’idée de cette petite gamine qui aime observer les gens et qui découvre un endroit un peu étonnant, avec ces fresques animalières. Après, le personnage du vieux monsieur contrebalance la petite fille. J’ai aussi une relation particulière avec mes grands parents, avec qui j’ai toujours partagé beaucoup de choses, donc j’avais vraiment besoin de cette intergénération là.

Le zoo pétrifié est au premier abord une histoire pour enfants. Pourtant, nombreux sont les adultes qui l'ont dévoré. Comment expliques-tu cela ?

On l’a d’abord fait pour nous. Le public-cible, effectivement, c’est le premier niveau de lecture donc une enquête pour des filles de dix-douze ans. Mais on ne l’a pas écrit dans cet objectif là, on a fait une histoire riche justement avec plusieurs niveaux de lecture. Aurélie a un graphisme qui s’y prête bien : c’est frais, coloré… Le dessin est très séduisant, les couleurs sont gourmandes et c’est un régal de voir ce qui se passe dans chaque case. Son automne est magnifique, elle a vraiment un style superbe. Ce qui plaît à tout le monde, c’est déjà qu’on ait apporté un soin particulier à la couverture, son dessin attire.Après on peut l’appliquer à toutes les générations de par les valeurs qu’on y trouve. Ça parle de partage, de solidarité, d’entraide, de transmission d’une génération à l’autre. Ce sont des valeurs humaines et humanistes qui touchent tout le monde, peu importe l’âge, les origines, les religions.



De façon plus générale, où trouves-tu l’inspiration pour écrire ?

Je puise mon inspiration dans mon quotidien, dans les gens que je rencontre, dans les enfants avec lesquels je travaille, puisque je suis directeur de séjour de vacances depuis dix ans. J’adore jouer et discuter avec eux, leur raconter des histoires... Donc c’est pour eux et sur eux que j’écris ces histoires-là. Les accompagner à grandir, c’est ça mon inspiration.

Y a-t-il des auteurs qui t’inspirent dans l'écriture de scénario ?

Des auteurs qui m’inspirent ? Je ne crois pas. Que j’admire, que j’aime, dont la patte, le style me parlent beaucoup, oui. Mais je ne sais pas si j’ai envie de ressembler à quelqu’un. Ce qui m’inspire, c’est vraiment l’être humain. Sinon je suis un fan des romans de David Gemmel. Je trouve que ses personnages sont vrais, mêmes les méchants. Légende, toute la "Saga drenaïe", j’adore. En ce moment, je suis en train de lire La Reine des batailles et je trouve ça super. J’aime son écriture et son style. Après quand j’étais petit, je lisais du Jules Verne, du Stephen King, de l’Agatha Christie...

Quels sont tes projets à présent ?

Pour les projets BD, l’album Sorcières sorcières est sorti le 7 février.
DR.
L’histoire se déroule dans un monde magique où les gens sont des sorcières et sorciers, et c’est une enquête policière pour enfants. Trois petites sorcières sont victimes tour à tour d’un mauvais sort. Harmonie mène l’enquête pour découvrir qui est ce mystérieux jeteur de sort. Sinon, le tome 2 des "Carnets de Cerise" est en cours. Vu l’accueil chaleureux qu’a reçu Cerise, je suis contacté par des éditeurs à droite à gauche, mais je ne peux rien dire tant que rien n’a été signé. On va continuer la série jusqu’à ce que le public n’en puisse plus ou que l’éditeur nous jette. Sérieusement, j’ai des histoires pour cinq albums et, après, je pense qu'on partira sur d’autres horizons.

 

 

 

 

 

 

 

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